Afrique :
Rencontre des gauches à Bamako.
La troisième rencontre du Forum du Réseau de la Gauche africaine, désigné par son sigle anglais ANELF, s’est tenue à Bamako au Mali, du 25 au 27 novembre 2011.
26 janvier 2012
Le parti SADI (Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance), seul groupe parlementaire de l’opposition à l’Assemblée nationale malienne, qui présente le candidat Oumar Mariko à l’élection présidentielle, en était la force militante accueillante et le Forum international de la Gauche de Suède (VIF), le principal sponsor.
23 partis de gauche de 17 pays africains1 y participaient ainsi que des observateurs venus du Brésil, Venezuela, Suède, États-Unis et France. Pour la France, il s’agissait du PCF et de la Fondation Gabriel Péri.
L’ALNEF se présente comme une plateforme de concertation et de mobilisation des partis politiques de la gauche africaine, dont l’objectif est de « mieux assurer le succès de leur combat pour de meilleures conditions de vie des peuples africains ». Pour ce réseau, « être de gauche », se décline dans l’action « pour éliminer toute domination étrangère ou coloniale, respecter le droit à l’autodetermination et à l’indépendance des peuples, établir ou construire un État de droit démocratique ; assurer l’égalité en droit et en fait entre les hommes et les femmes ; préserver et défendre l’indépendance des nations et leur égalité, la souveraineté des peuples, y compris sur les ressources naturelles de leurs pays ; assurer dans l’équité la participation responsable et sans discrimination des citoyens à la gestion des affaires nationales et locales ; cultiver la solidarité des peuples et particulièrement entre les peuples d’Afrique ».
Lors des échanges, la politique de la France s’est vue fortement dénoncée. L’ingérence en Côte d’Ivoire et en Libye a généré une humiliation profonde et une colère sans borne contre la France et les Français qui se trouvent parfois amalgamés. La démocratie « à l’occidentale », affairiste, corrompue, qui finalement ne sert qu’à justifier les guerres crée chez de nombreux jeunes, le rejet même de la voie démocratique. Ici on s’interroge : quel autre chemin ? Celui des armes ? Depuis la Libye 2, elles sont en grande circulation dans toute la région. La drogue, le marché du sexe, le trafic humain, la confiscation des droits, tout se retrouve ici mélangé au doute, au racisme, (il a été évoqué plusieurs fois « les Blancs »), à une pauvreté galopante et donne à ressentir intimement, un monde en déliquescence, au bord du basculement. Face à cela, développer des partis de gauche clairement identifiés, en phase avec les aspirations et les mouvements des peuples, reste une gageure qui mérite une grande solidarité.
Cette situation périlleuse souligne la responsabilité des forces progressistes. Il nous faut redoubler de vigilance dans l’écoute pour mieux nous connaître, comprendre la nature des accords comme des désaccords, repérer les urgences communes qui sont devenues nombreuses, avec une seule volonté politique, celle qui nous permettra d’inventer des alternatives et des solidarités réciproques pour en finir avec le capitalisme et le patriarcat. En ce sens, cette rencontre aura permis des rapprochements avec le PCF et ouvre de nombreuses pistes de travail.
Un prochain rendez-vous a été fixé dans un an à Tunis. Souhaitons à nos frères et sœurs d’Afrique les meilleurs succès, leurs avancées seront aussi les nôtres.
Quelques jours plus tard à Bruxelles, les responsables Afrique des partis membre du PGE se réunissaient pour tenir dès le premier trimestre 2012 des rencontres thématiques entre forces progressistes africaines, européennes et la diaspora. Le rendez-vous cette fois aura lieu à Paris, au siège du PCF…
Sylvie Jan
responsable Afrique des Relations internationales



