LRI - Février 2011 :
Regard sur le Vietnam : le second souffle du Doi Moi.
Article de Mme Dominique Bari-Vidal. Elle est journaliste au service international de l’Humanité.
Elle est co-auteure avec Bernard Badie du livre "La fin du monde unique - 50 idées-forces pour comprendre l’état du monde 2011" aux éditions La Découverte.
15 mars 2011
Le Parti communiste vietnamien (PCV) a procédé à un profond renouvellement de ses instances dirigeantes – comme cela était attendu – à l’issue de son 11ème congrès qui s’est tenu à Hanoï du 11 au 19 janvier.
Nguyen Phu Trong succède au poste de secrétaire général à Nong Duc Manh, qui s’est retiré à l’issue de deux mandats consécutifs, comme le stipulent les statuts du PCV. Sur quatorze membres que compte le Bureau politique, cinq y font leur entrée.Au Comité central, les nouveaux venus occupent la moitié des 175 postes titulaires. Ils sont 23 sur 25 aux sièges de suppléants. D’autres nominations interviendront en mai, à l’issue des élections législatives, qui se déroulent au suffrage universel. Seront alors pourvus les postes de premier ministre, et ceux de la présidence de l’État et du Parlement. Le chef du gouvernement sortant, Nguyen Tan Dung, est candidat, à soixante et un ans, à sa propre succession.
Au regard du consensus politique et économique qui s’est dégagé lors du congrès, sa reconduction semble acquise, après avoir surmonté les turbulences provoquées par la faillite l’an passé du conglomérat public Vinashin.
C’est dans un contexte difficile, dû aux secousses de la crise financière internationale, mais aussi à des freins internes au Vietnam, inhérents à cette étape de développement, que la nouvelle direction communiste entame ses prises de responsabilités.
Cela a été dit et lucidement débattu par les congressistes. Elle sera confrontée dans l’immédiat à d’importants problèmes économiques, la hausse des prix, l’inflation, le déficit commercial…et plus largement à la mise en application du « Projet de Stratégie décennale de développement socioéconomique » pour la période 2011-2020 adopté par le congrès. Ce dernier repose sur la nécessité de réorienter le modèle de croissance tout en maintenant sa stabilité, d’accélérer la restructuration économique vers plus de qualité et d’efficacité en faisant appel à une utilisation plus grande des moyens technologiques, au développement des infrastructures, à une hausse du niveau de l’éducation et en intensifiant la lutte contre la corruption et le gaspillage.
Le Vietnam ambitionne ainsi de devenir une « nation industrialisée et moderne » d’ici à 2020 en maintenant une croissance économique soutenue allant « de pair avec le progrès social, l’équité sociale et en veillant à protéger l’environnement ».
La suite dans la LRI du mois de février 2011.



