Conférence fédérale du 5 juin 2010 :

Rapport politique de Michel Passet


10 juin 2010

« Penser les bouleversements du monde quand tant de forces veulent enfermer cette pensée : faire de la politique une grande affaire populaire et citoyenne quand tout est fait pour éloigner le plus grand nombre de nos concitoyens de la politique ; élaborer des idées d’émancipation quand tout est fait pour les discréditer ; unir des forces de transformation susceptibles de porter un projet politique quand tout est fait pour les diviser, les opposer ; construire des majorités de changement quand l’état de la gauche donne le sentiment que c’est impossible… tout cela appelle une organisation, un parti qui mette en commun et rende efficace l’énergie de celles et ceux qui veulent contribuer à cette construction. »

« Pour répondre aux défis de changement qui s’imposent à nous, nous faisons le choix du PCF et de sa profonde transformation pour devenir cette force. La voix des transformations du PCF nous apparaît plus féconde que celle de la recherche de la constitution d’un autre parti aux contours incertains. »

Tel est le choix que nous avons fait lors de notre dernier congrès.

Tenir un congrès d’étape a mi-parcours qui se fixe comme objectifs :

■ D’évaluer les acquis et les limites de nos orientations stratégiques, prendre les initiatives politiques et d’actions nécessaires pour poursuivre leur mise en œuvre.

■ Ouvrir la réflexion sur les échéances à venir, cantonales et présidentielles.

■ Adopter une feuille de route concrète pour les transformations du parti de manière à les mener à bien, conformément au mandat du précédent congrès d’ici le congrès de 2011.

C’est, me semble-t-il, une démarche offensive pour mettre en mouvement nos milliers de militants, nos milliers d’élus, utiliser cet atout indispensable de cette force qui compte et que nous voulons renforcer, sans nous cacher que notre affaiblissement durant ces trente dernières années montre combien il faut nous renouveler pour des millions de nos concitoyens, et notamment la jeunesse.

Nous avons la responsabilité de poursuivre et de transformer notre parti afin que soit reconnu par le plus grand nombre utilité et efficacité.

Nous devons répondre à ces questions :

■ Quelles initiatives prendre face à la crise ? Quelle suite donner aux batailles retraites, réformes des collectivités territoriales, démantèlement du secteur public ? Comment contribuer aux rassemblements pour gagner ? Quelles solutions et propositions ?

■ Quel bilan critique tirons-nous de notre démarche de fronts initiée au 34ème congrès et du Front de gauche aux élections européennes, puis aux régionales ?

■ Quelles initiatives prendre pour franchir une nouvelle étape du front de gauche ?

■ Comment aborder les prochaines échéances électorales, cantonales et présidentielles ?

■ Quel est notre sentiment sur le sens et la mise en œuvre des pistes et propositions concrètes que développe le texte sur la transformation du parti ? Quelle feuille de route proposer aux communistes de l’Hérault d’ici le congrès de 2011 afin de créer une dynamique militante de confiance et de travail ?

La crise que nous connaissons, c’est la crise du système capitaliste mondialisé. Elle est marquée à la fois par un système qui a tout sacrifié, travail humain et intérêt général. Par un système qui a tout sacrifié pour l’accumulation, la spéculation financière. C’est aussi la crise de choix politiques, de droite ou sociaux démocrates qui ont livré pour cela, décision politique après décision politique, tous les pouvoirs politiques aux marchés financiers, aux actionnaires, aux prédateurs, aux multinationales de la finance.

Le pilote de l’avion, c’est le capital, les capitalistes tentent d’imposer un maximum de régression sociale, économique, démocratique qui serait à jamais gravé dans le marbre.

Nous avons à nous hisser à un niveau de bataille idéologique peut-être jamais connu. Notre première tâche est de faire cesser les mensonges organisés sur les causes de la crise. En même temps d’exiger de véritables débats sur d’autres choix, d’autres perspectives.

Aujourd’hui, le capitalisme est en overdose. Le 10 mai dernier, en une journée, la capitalisation boursière a fait un bond de 80 milliards d’euros.

Face à la crise grecque, mais pas seulement, aujourd’hui le déficit public en France est à la hauteur de plus de 23 000 € par français, du bébé au plus âgé. Le sauveur de l’Europe Sarkozy a annoncé un accord historique 750 milliards de mobilisés. Rien n’a changé, la spéculation a repris de plus belle.

Il faudrait 25 milliards pour réduire de moitié, plus d’un milliard aujourd’hui le nombre d’êtres humains qui souffrent et souvent meurent de la famine et on en claque 750 pour les spéculateurs !

Notre monde est dangereux. La liste d’évènements tragiques de conflits s’allonge. Y compris sur des questions concernant l’avenir de notre planète, la terre que nous laisserons à nos enfants, le refus des pays capitalistes dominant de modifier leur logique économique a conduit à l’échec du sommet de Copenhague.

La construction européenne est un échec, l’heure est plus que jamais à la refondation d’une nouvelle ambition pour l’Europe, d’une nouvelle conception de l’Union Européenne.

Dépasser ce système et ses logiques, inventer d’autres règles pour construire un avenir de partage et de bien commun, d’épanouissement social pour chacun, c’est le défi du 21ème siècle. Ce n’est pas une utopie, c’est la question concrète posée par la crise du système capitaliste. C’est possible, à condition de rendre crédibles, par des propositions, par le rassemblement politique et populaire en faveur de ses solutions, les voix du changement réel.

Certes, comme tout un chacun, je m’interroge au regard des rapports de force, des difficultés que nous rencontrons dans nos combats quotidiens.

Mais nous ne sommes pas seuls, nous devons combattre le repli, l’isolement, nous ouvrir sur le monde et les autres.

L’historien américain Howard ZINN écrivait : « Les individus n’ont pas en main de bons atouts. Argent, autorité politique, force physique, une cause commune peut transformer l’indignation, le courage et l’énergie en force véritable. Et quand un nombre suffisant de gens mettent leur âme et leur corps au service de cette cause, il arrive même que cette force l’emporte. Cela s’est vérifié un nombre incalculable de fois partout à travers le monde dans l’histoire du combat des peuples contre l’injustice. »

Sur ces questions, nous sommes présents mais pouvons-nous en rester là ? Je voudrais vous soumettre une proposition : Ne devrait-on pas être à l’initiative de prises de position et d’actions concernant les pays du bassin méditerranéen ? Ne devrait-on pas agir pour que soit débattu, face à celles et ceux pour qui le rapport de force capitaliste compte, voir les nostalgiques de la colonisation, opposer d’autres choix de paix, de nouvelles coopérations internationales basées sur le respect, les intérêts réciproques, la fraternité des peuples ?

Dans notre région, notre département, nombreux sont celles et ceux originaires de ces pays. Ils sont en France, y vivent, y travaillent à juste titre, ils ont aussi leur racine au cœur. Agir avec eux, lutter avec eux, construire, élaborer avec eux est une nécessité pour le mouvement révolutionnaire et son développement.

Pour mettre en œuvre, si nous en ressentons la nécessité, cette initiative, je tiens dès à présent à vous formuler une méthode de travail que nous pourrions retenir pour les autres propositions que je formulerai dans cette introduction.

A chaque congrès, nous décidons la mise ne place de commission, qui, à de rares exceptions ne fonctionnent jamais. Pour être efficaces, ne pourrait-on pas retenir l’idée de groupes de travail, parfois limités dans le temps, liés aux objectifs que l’on se fixe. Groupes de travail pouvant être animés par un ou plusieurs membres de direction départementale, mais ouverts aux communistes, mais aussi à celles et ceux non adhérents qui souhaiteraient travailler avec nous. Nous laissons, c’est mon opinion, trop de passionnés sur le bord du chemin.

La crise, c’est aussi au quotidien la vie des hommes et des femmes de notre région, de notre département.

Les héraultais sont pauvres selon l’Insee. « La faiblesse des revenus d’activité est une des causes principales de la pauvreté monétaire des travailleurs ». Ce qui caractérise notre département, selon l’Insee, c’est la pauvreté des travailleurs et les bas salaires.

45 %, c’est le pourcentage de foyers fiscaux au-dessous de 1 031 € de revenus nets par mois.

Dans la région, 350 000 personnes, 14 % de la population dépendent du RSA.

Une personne âgée sur deux perçoit moins de 1 126 € par mois.

Toujours selon l’Insee, le taux de pauvreté monétaire est élevé : 18,3 % contre 13,2 % au niveau national. Nous sommes la région la plus touchée derrière la Corse 19,3 %.

Cette pauvreté est durement ressentie selon la composition des ménages. Sont durement touchés les familles monoparentales, ou certains territoires, notamment les quartiers populaires. Retenons bien ces chiffres, est classé pauvre : Un couple sans enfant ou une famille monoparentale avec 1 enfant lorsque les ressources du ménage sont inférieures à 1 267 € soit moins de 600 € par personne et par mois. 1 774 € pour une famille de 4 personnes, soit 400 € par personne et par mois. Ils sont plus de 100 000 à survivre ainsi dans notre département.

Chacun ici connaît la situation de l’emploi, les chiffres du chômage. Je voudrais insister sur quelques données. En décembre 2009, le taux de chômage atteignait 13,3 % dans notre région.

Au cours des dix premiers mois de 2009, 2 500 défaillances d’entreprises ont été enregistrées, 18 % de plus qu’à la même période 2008.

Le nombre de chômeurs relevant des dispositifs de l’allocation spécifique de solidarité augmente de 6,3 % en 2009.

Une question se pose dans cette région qui connaît à la fois une situation de l’emploi catastrophique, et en même temps est classée au 3ème rang au niveau de la création d’emplois.

Les choix de formation, l’accompagnement économique, les décisions structurelles sont-elles les bonnes ?

Lors de la campagne des élections régionales, nous avons répondu non. Nous avons mis en avant d’autres choix.

Nous devons poursuivre, organiser sur ces questions des états généraux de la région avant la fin de l’année, comme en a décidé le nouveau conseil régional.

De même, dans le secteur de l’éducation, alors que la hausse des effectifs se poursuit depuis 3 ans dans le second degré, que les nouveaux entrants à l’université sont plus nombreux en 2009 qu’à la rentrée précédente, notre région décroche la 23ème place au niveau de la couverture en nombre d’enseignants.

Ces quelques données partielles, incomplètes, n’ont pas la prétention d’avoir fait le tour de la question : « comment vivent les femmes et les hommes dans notre département ? ». J’ai voulu simplement attirer notre attention.

Dans une telle situation, nombreux sont celles et ceux qui considèrent que la société dans laquelle ils vivent ne répond en rien à leurs besoins, pire pour beaucoup d’entre eux, ils considèrent qu’ils ne servent pas à grand-chose.

A quoi bon dans de tels moments de rupture aller voter, pour quoi faire, pour changer quoi ?

La crise internationale, mais aussi les décisions politiques prises en France ne peuvent qu’aggraver cette situation dès lors que les luttes prennent des enjeux de société imminents.

Nous avons commencé et devons continuer notre lutte contre la réforme des collectivités territoriales.

Outre le fait que cette réforme est une attaque contre la démocratie, la réduction et la suppression de la Taxe Professionnelle, gel des dotations, elle met en péril les finances des collectivités territoriales. 80 % des investissements sont assurés en Languedoc Roussillon par les fonds publics, la réduction de ces investissements sera source dès maintenant de suppressions d’emplois.

La bataille des retraites est d’une importance capitale, vous ne manquerez pas d’en faire le point dans vos interventions.

Enfin, au vu de son importance pour nos choix de société, mais aussi du poids qu’il représente dans notre région, la défense et la nécessité d’un grand service public doivent être au cœur de nos engagements.

Lors de notre 34ème congrès, nous avons décidé, je cite : « Le parti communiste proposera et prendra lui-même les initiatives permettant aux formations de gauche d’exposer et de conforter leurs analyses et leurs objectifs, leurs points communs et leurs différences, d’entreprendre un travail de construction de réponses de gauche progressistes en liaison avec les ripostes indispensables, et aux citoyens d’intervenir dans ce débat et de contribuer à ses évolutions. L’ambition visée est celle de la construction d’un front progressiste et citoyen liant le développement de cette dynamique citoyenne et l’objectif d’une union de forces politiques de gauche déterminées à construire dans notre pays une majorité de changement ».

Où en sommes-nous dans notre département ? Quelle appréciation politique pouvons-nous porter ?

Après les élections européennes, nous avons fait le choix d’une liste front de gauche aux élections régionales, cette liste s’est élargie notamment au NPA.

Soyons clairs, les résultats aux élections régionales sont, de mon point de vue, intéressants compte tenu des difficultés de la bataille que nous avons eu à mener, cela étant dit, on ne peut pas s’en contenter et en rester là.

D’une manière générale, nos résultats montrent l’ancrage d’un vote front de gauche. Laissons parler Jérôme Fourquet dans l’étude de l’IFOP publiée par l’Humanité, je cite : « On retrouve dans la géographie du vote front de gauche bon nombre de zones des forces historiques du parti communiste dynamisé par cette démarche unitaire et la personnalité de certaines têtes de liste ». En conclusion, il estime « qu’en dépit des péripéties locales, le front de gauche confirme son existence dans le paysage électoral français ».

Dans le séisme politique que constituent les mouvements actuels à gauche, dans un contexte de forte poussée socialiste, ce résultat montre donc la bonne tenue de notre rassemblement, ce qui était loin d’être une évidence lorsque nous avons arrêté notre choix stratégique. Ce score permet d’ancrer d’une double façon le front de gauche dans le paysage politique : comme rassemblement combatif ayant permis la sanction de la droite au pouvoir et comme composante dynamique nouvelle ayant contribué à la victoire de la gauche. Avec l’effondrement du Modem, ce score nous permet aussi d’éviter pour l’instant l’écueil d’une recomposition au centre. Nous sommes aujourd’hui l’une des trois composantes indispensables à toute victoire de la gauche. C’est un résultat essentiel pour la suite des échéances politiques.

Nous restons lucides : la démarche du front de gauche marque des points, elle apparaît prometteuse et en dynamique, ce qui est essentiel quand tant de gens cherchent la voie d’un nouvel espoir politique. Il y a déjà beaucoup à capitaliser et à faire fructifier. Mais nous ne réussissons pas encore à faire décoller cette dynamique politique comme nous le souhaiterions. Nous ne cristallisons pour le moment qu’une partie très politisée de la société. De nombreux acteurs des mouvements sociaux ne se sont pas encore approprié notre démarche. Nous sommes loin de réussir à enrayer l’abstention avec un réel ancrage populaire de notre rassemblement.

De même, nous ne pouvons banaliser l’absence d’élus communistes à la région.

Il convient aujourd’hui de franchir une nouvelle étape, c’est ce qui nous est proposé, j’en ai l’intime conviction.

Devons-nous rester dans l’Hérault, en Languedoc Roussillon, au concept « A Gauche Maintenant » ? Je ne le crois pas. Que proposons-nous ? Permettez-moi de citer la lettre aux organisations du Front de gauche adressée par Pierre LAURENT et Marie-George BUFFET le 12 mai 2010 :

« Ouvrir de nouveaux espaces de développement du Front de gauche. Notre démarche s’est installée dans le paysage politique. Notre ambition doit être de mettre le cadre ainsi initié au service des ripostes, du rassemblement, du besoin d’alternative politique qu’exige la situation. Vous le savez, nous ne concevons pas le Front de gauche comme la préfiguration d’un parti unique, ni comme un cartel fermé, mais comme un cadre unitaire de rassemblement ouvert, que les trois formations qui l’ont initié, le PCF, le PG et la GU, doivent impulser avec la volonté d’en faire une démarche de rassemblement populaire beaucoup plus large. Nos formations gardant pour cela leur autonomie d’action et de décision. De fait, ce cadre a été surtout pour le moment électoral. Nous vivons autre chose. Nous voulons un front social, populaire et intellectuel, capable de construire et de porter dans la durée les objectifs d’un projet politique pour une alternative à gauche.

Comment créer les espaces d’engagement, et de quel type, des acteurs des mouvements sociaux, citoyens et intellectuels dans le Front de gauche, de ces femmes et hommes de gauche sensibles à notre démarche ? Pour y faire quoi ensemble ? Comment permettre aux milieux populaires de s’approprier cette démarche ? Nous sommes décidés à pousser ces débats que la proposition d’adhésions directes ne nous parait pas résoudre correctement. Pourquoi pas une grande campagne de rencontres publiques locales avec toutes ces personnes pour élaborer avec elles les formes d’engagement ou de dialogue les plus appropriées ? Pourquoi pas de la même manière des initiatives de dialogue ciblées avec des syndicalistes, des intellectuels prêts à s’engager en tant que tels dans notre construction ? De tout cela, nous sommes prêts à discuter. »

Nous pourrions après la rencontre nationale des partis du Front de gauche et notre congrès d’étape, rencontrer dans l’Hérault nos partenaires. Réfléchir à quelles initiatives publiques nous pourrions prendre auprès de personnalités, associations, partis politiques, etc… pour créer une dynamique de Front de gauche majoritaire.

2011, les élections cantonales – 2012, les élections présidentielles. Nous avons dans l’Hérault 26 cantons renouvelables.

J’attire votre attention, au regard de l’importance du conseil général, de la réforme des collectivités territoriales, il ne s’agit pas d’une élection secondaire.

Nous avons 2 conseillers généraux sortants. François LIBERTI dans le 2ème canton de Sète et Norbert ETIENNE dans le canton de Murviel les Béziers. Je tiens à féliciter ces 2 camarades par le travail qu’ils effectuent dans leur canton, au conseil général, j’espère que nous leur accorderons notre confiance qui sera confirmée par les électeurs.

Dans tous les cantons, notre parti doit être à l’offensive, doit être présent partout. Présent partout sur notre bilan et nos propositions. Avant fin juin, le futur conseil départemental pourrait adopter en ce sens un document d’orientation générale.

Présent partout sur les candidatures signifie être en position dans tous les cantons de présenter le meilleur candidat pour rassembler sur les valeurs de gauche que nous défendons.

2012, date des élections présidentielles. Abordons le débat, ne le fuyons pas.

Il importe également de prendre la mesure du piège qui nous est tendu dans la perspective présidentielle. Bien entendu, il convient de préparer cette échéance essentielle, mais rien n’oblige à le faire en se coulant dans le moule dominant.

Tout est déjà fait pour étouffer le débat politique dans le double étau de la bipolarisation et de la personnalisation présidentielle. Un jeu taillé sur mesure pour l’UMP et le PS. La droite va chercher à se redisposer et probablement à diversifier son dispositif pour permettre sa réélection. Au PS, certains cherchent déjà à s’appuyer sur un axe PS-Europe Ecologie pour imposer le candidat issu de leurs primaires. Dans un cas comme dans l’autre, la grande caractéristique de ce travail de sélection des candidats est qu’il cherche à minimiser les enjeux de projets, le défi des ruptures nécessaires. Ne mésestimons pas cette mécanique redoutable qui va s’adosser d’ici à 2012 à une inspiration grandissante à l’unité pour se débarrasser de Nicolas SARKOZY. Ne perdons pas de vue non plus l’exigence d’un projet solidement ancré à gauche qui travaille notre peuple. Serons-nous capables de faire s’exprimer cette exigence ? Serons-nous capables d’unir les forces capables de le porter ? Toute la question est là. Prendre des raccourcis avec cette exigence, c’est se priver de la possibilité de briser l’étau de la bipolarisation présidentielle. L’heure n’est pas à la désignation d’une candidature, mais à l’initiative pour faire grandir une exigence de projet véritable.

Donner toutes ses chances à la démarche du Front de gauche de se déployer à l’échelle nécessaire dans la prochaine période, c’est en faire un front social, intellectuel et populaire, à l’initiative dans l’action et le projet.

Le débat est ouvert sur les pistes de travail pour un parti communiste français transformé.

Je ne doute pas que chacune et chacun d’entre vous aura sa part à apporter dans cette conférence, je ne rentrerai pas dans le détail et l’explication du texte, tel n’est pas mon rôle, j’ai confiance en l’intelligence individuelle et collective.

J’en pointerai simplement quelques aspects, soulèverai quelques interrogations. Est-ce que face à la crise, au bouleversement qu’a connu et connaît notre monde, à notre échelle notre département, ne doit-on pas s’interroger sur le débat idéologique ? Quels sont les enjeux, quelle est la réalité du terrain, que veut dire une organisation révolutionnaire ?

Quelle part accorder dans notre combat à la nécessaire critique du système et à l’impérative nécessité d’avoir une lisibilité offensive sur la conception émancipatrice que nous voulons de la société. Sur cette question, je considère que le compte n’y est pas. Il convient d’oser poser la question du communisme et de son actualité avec plus de force, d’avoir le souci de donner de la crédibilité dans l’élaboration comme dans la bataille idéologique et stratégique, nous devons avoir le souci du partage des élaborations communes.

Je crois personnellement en l’avenir du politique, et à la nécessité du parti politique. Je crois à l’impérative nécessité de mieux travailler, mieux saisir les richesses que comptent dans leur diversité les 2 200 adhérents de notre fédération. Mais ce souci permanent ne doit pas conduire au repli, à l’isolement. Cette richesse se détruit petit à petit, si en permanence, nous n’avons pas le souci du rassemblement, de l’élargissement. Sur cette question là, camarades, permettez-moi de donner une appréciation : On a beaucoup reculé, il est impératif de changer de braquet.

Autre décalage – que pensent les gens de nous, comment ils nous voient, quel intérêt suscite notre politique ?

A partir d’aujourd’hui, ce n’est pas simplement le débat qui s’engage mais sur la base « des pistes de travail pour un Parti Communiste Français transformé » qui nous est proposé nationalement, mais la nécessité de prises d’initiatives.

Nous œuvrons, ou plutôt poursuivons le débat, un an nous sépare du 35ème congrès. Peut-être je me trompe, mais j’ai pris le choix de soumettre à discussion une feuille de route pour aider au débat le plus large et le plus constructif.

Durant le mois qui s’est écoulé, j’ai participé à 19 rencontres avec les sections, deux questions sont dominantes.

■ Les communistes demandent plus d’informations. Nous disposons d’un site internet parti communiste et élus communistes très fréquenté mais apparemment insuffisant. La rédaction d’un bulletin, d’un journal peu importe, je dirai d’un moyen de communication et d’information auprès de nos adhérents et sympathisants, apparaît nécessaire. Nous devons le mettre en route.

Dès à présent et quelque soit le choix, la fédération s’est doté des moyens techniques pour répondre à ce besoin.

■ La deuxième question concerne la formation. Oui à un grand effort de formation théorique, stratégique et politique. Nous devons y répondre de façon dynamique, neuve et moderne.

Enfin et en premier notre organisation. Je vous propose de consacrer les 2 premiers mois de l’année 2011 à un intense effort de renforcement. Renforcement du lien avec nos adhérents, invitations très large à adhérer au parti communiste ou à travailler avec lui.

Après ce temps fort, nous pourrions tenir des assises départementales pour décider quelle organisation sera le plus utile pour l’Hérault. Quel parti conviendrait le mieux à nos adhérents, à notre département ?

En m’excusant d’avoir été si long, et certainement peu passionnant. Je voudrais évoquer une question qui me tient particulièrement à cœur. Pas une question, mais la raison politique qui fait que ce soir je vous demanderai de m’accorder votre confiance pour qu’en tant que secrétaire de la fédération, nous travaillons ensemble au rayonnement de notre parti.

Notre parti fête cette année son 90ème anniversaire. J’ai eu la chance d’y militer pendant 40 ans. Militant comme vous, j’ai subi, j’ai pris, j’ai vécu des décisions politiques parfois difficiles. Mais au fond quel bonheur d’être militant, d’être tout simplement un homme.

Un seul nuage, la vie militante est pour beaucoup d’entre nous intimement liée à sa vie personnelle, familiale. Je mesure combien le poids des mots, des attitudes peuvent être blessantes, outrageantes. Combien il serait faux culs de ma part parce que je le vis, l’ai vécu, et moi-même, comme tout un chacun, y ai pris ma part de ne pas aborder cette question.

Militer ne signifie pas se soumettre, militer mérite l’écoute, le respect, un peu plus que ça et j’espère ne pas trop demander, militer demande la fraternité.

C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité que nous allions vers recréer dans l’Hérault, un grand moment politique de fraternité, de convivialité, une fête, une rencontre fédérale. Si vous en êtes d’accord, nous pourrions nous retrouver le samedi 2 octobre. Cette journée pourrait être le tremplin, la première pierre de notre fête 2011 qui se situerait fin mai. Car j’ai l’intime conviction, oui, « que c’est un joli nom CAMARADE ».


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