Conseil départemental du 9 septembre :

Rapport politique de Jean Louis Bousquet

Bonne rentrée à tous, même si elle est déjà effectué pour la plus part d’entre nous. Je crois que tout le monde ici est convaincu que nous avons beaucoup de travail et je vous le confirme.


16 septembre 2009

C’est la reprise pour les 450 000 chômeurs supplémentaires depuis un an. C’est la reprise pour ceux qui sont menacés par les plans de licenciement. C’est la reprise pour les salariés qui voient leurs émoluments bloqués et les salaires au SMIC non augmentés. Pour ceux qui connaissent encore plus la misère. Pour les femmes auxquelles on veut supprimer les annuités pour enfant dans le calcul de leurs retraites. Pour la poursuite de l’asphyxie des collectivités locales, pour les services publics dépecés et pour la Poste que le gouvernement veut privatiser. Pour ceux qui vont devoir travailler le dimanche. Pour la poursuite de la dégradation de l’Education Nationale, pour ceux qui vont payer la Taxe carbone.

Cette énumération est loin d’être complète et on peut aussi noter que la reprise n’est pas la même pour les marchés boursiers qui après avoir perçu des milliards d’euros de la part des gouvernements reconstituent la « bulle financière » qui a été à l’origine de la crise. D’ailleurs à propos des banques, notons qu’après avoir donnée de l’argent le gouvernement va maintenant leur emprunté l’argent qu’il leur a donné.
Le capital est encouragé avec la suppression de la taxe professionnelle qui amplifiera les allégements répétés et multipliés de la contribution des entreprises. La reprise annoncée cela veut dire que le capitalisme a repris les choses en main. Les affaires reprennent et en réalité elles n’ont jamais cessé.
Dans un accès de lucidité inhabituel le gouvernement déclare : « l’année qui vient de s’écouler a été difficile ». Il est bien placé pour le savoir car il n’y est pas pour rien et à regarder les mesures qu’il met en route, si rien ne l’arrête, on fera le même constat en septembre 2010.

Pour lui épargner cette épreuve la gauche doit reprendre le dessus. Les solutions aux difficultés de la gauche ne se trouvent pas au MoDem. François Bayrou : l’avenir de la gauche ! Il fallait oser proposer à ceux qui souffrent au quotidien que la solution viendrait de primaires en 2012.
A gauche, il y a besoin d’audace pour s’opposer à la marchandisation de l’humanité. Il y a besoin de courage pour affronter les forces de l’égoïsme. Une offensive est engagée pour empêcher le rassemblement des forces de gauches sociales et politiques sur un projet alternatif. Tout invite a élevé le niveau des réponses que ‘on doit opposer aux logiques capitalistes et surement pas à composer avec le centre. Si on a déjà vu des hommes politiques de gauche faire une politique de droite, on n’a jamais vu des hommes politiques de droite faire une politique de gauche. Et la logique des primaires va à l’encontre d’un débat de projet et si l’on croit que la victoire viendrait par une coalition autour du plus petit dénominateur commun dans la confusion politique on se trompe. Cette coalition hétéroclite débouchera sur de nouvelles défaites.

Les communistes sont clairs : ce n’est pas en faisant les yeux doux à une partie de la droite que l’on répondra aux urgences populaires. Résister et proposer un avenir différent, cela a conditionné la prise de décision lors du Conseil national du 4 septembre :

1) - Engager toutes nos forces dans la bataille contre la privatisation de La Poste et pour la relance du service public postal et financier. Mobiliser toutes nos forces militantes et nos élus pour réussir la votation citoyenne du 3 octobre, en avançant dans cette bataille nos propositions pour la relance du service public postal et pour un grand pôle public financier dont La Poste doit être un pilier, et en inscrivant notre bataille dans la durée.

2) - Préparer activement la manifestation unitaire nationale pour les droits des femmes du 17 octobre. Lancer notamment dès la Fête de l’Humanité une campagne pour la défense de leurs droits à la retraite avec la signature d’une carte T contre la suppression des annuités pour enfants accordées aux mères de famille.

3) - Tenir du 24 septembre au 3 octobre dix jours de mobilisation militante dans les villes, les quartiers, devant les entreprises autour de nos propositions sur le thème « oui, d’autres choix sont possibles pour combattre la crise face à la crise ». Un matériel national serait édité, reprenant toutes nos propositions, notamment celles comprises dans nos projets de loi déposés le 28 mai dernier.

4) - Lancer une campagne de révélations et de mobilisations contre la réforme de la droite sur les collectivités locales. Un document public serait édité début octobre, et nous pourrions tenir une journée nationale de mobilisation avant l’ouverture du débat parlementaire prévue le 13 octobre.

5) - Lancer des ateliers nationaux sur l’élaboration de projets politiques alternatifs à la politique de Sarkozy. Six thèmes proposés : argent (banques, crédit, financement protection sociale, fiscalité) ; démocratie (réforme collectivités, institutions, nouveaux droits, libertés) ; nouveau mode de développement (croissance, emploi, industrie, agriculture, écologie) ; Copenhague et climat ; services publics et rôle de l’Etat ; école et formation. Un septième est envisagé autour du sport, de la culture, de la vie associative et de l’éducation populaire sur le thème des alternatives à la marchandisation du « temps libéré ».

Nous proposons à nos partenaires du Front de gauche de les co-organiser avec l’objectif de dégager dans ces ateliers des plates-formes partagées, des grands axes constitutifs d’un véritable projet à gauche. Nous discutons également avec nos partenaires la mise en place d’un comité de liaison permanent qui travaille à poursuivre et à élargir la démarche engagée.

Ces ateliers pourraient se tenir dans différentes villes de France en octobre en associant les acteurs du mouvement social dans leur diversité en y organisant la confrontation de projets entre toutes les forces de gauche qui y seraient toutes invitées.

6) - Pour les élections régionales, lancer, dans le même esprit, une grande campagne publique sur une offre politique nationale de rassemblement autour de deux objectifs : la construction de projets régionaux réellement ancrés à gauche ; la construction de rassemblements qui visent l’amplification de la dynamique du Front de gauche et permettent de gagner dans les régions des majorités de gauche pour mettre en œuvre ces projets.

7) - Ces décisions impliquent un nouveau calendrier : en septembre et octobre, amplification de la bataille publique autour de notre offre de rassemblement et des projets, discussion des communistes ; ce qui suppose, outre les ateliers nationaux, de prendre toutes les initiatives utiles : appel public dans les régions ; contacts avec tous les partenaires potentiels ; forums régionaux et départementaux : publications de bilans et d’éléments de projets.

Pour les élections régionales, il est nécessaire que tous les communistes entre dans une très grande bataille publique et populaire.
Si on entre dans le débat sans cette bataille pour faire émerger une offre politique nouvelle, cela équivaudrait a accepter le paysage politique tel qu’on cherche à nous l’imposer à devenir des supplétifs d’une recomposition politique ou à être exclus des majorités régionales. Ne tombons pas dans ce piège, pas pour une question de boutique mais c’est dans l’intérêt des populations.
Les enjeux de cette élection dépassent le cadre de la simple gestion des régions. Pierre Laurent dans son rapport au CN pointe 3 enjeux :

1 – Un enjeu de projet.
C’est une occasion de dire Stop à Sarkozy et quoi faire à la place. Notons que l’UMP considère la reconquête des pouvoirs régionaux comme une des clés pour obtenir l’adhésion à son projet politique. Ce qui oblige forcément ceux qui combattent sa politique à opposer des projets régionaux qui présentent une vraie alternative.
Donc dans les régions on met en place soit des politiques inscrites dans des logiques qui amplifient la crise ou des politiques de lutte contre la crise. Pour les communistes, poser la question c’est y répondre et je pense d’ailleurs que les projets régionaux que nous défendrons doivent être musclés notamment à partir des exigences portées par la plateforme syndicale unitaire.
Les régions doivent être des points de résistance des politiques réductrices des inégalités.

2 – Un enjeu démocratique.
Le projet de réforme des collectivités locales, avec 100 000 conseillers municipaux en moins, avec la disparition de 20 % des élus départementaux et régionaux qui seraient fusionnés avec un mode de scrutin le plus antidémocratique qu’il soit, avec la suppression de ne pas sortir des compétences obligatoires des collectivités territoriales, ce projet qui éloignera encore plus l’élu du citoyen, et qui se traduira par une baisse énorme des investissements, passe par le contrôle des régions. Cet enjeu, nous devons le mettre au cœur de la campagne des régionales et placer la question de la démocratisation des institutions au cœur de notre projet.

3 – L’avenir de la gauche.
En travaillant des projets régionaux utiles pour combattre la crise et le système capitaliste, en travaillant pour la construction de majorités pour porter ces projets, nous travaillons à la construction de majorité pour transformer durablement les choses dans notre pays. Ce débat là, nous devons l’avoir avec tous nos militants.
Prendre la question du rassemblement avec d’autres forces politiques en éludant les contenus dans ces premières réflexions, c’est mettre la charrue avant les bœufs. Pour cela nous reculons à début novembre les conférences régionales.

Un mot pour donner mon avis sur un problème second par rapport à toute notre démarche, second mais pas secondaire, nous ne devons pas placer les questions liées à la personnalité comme axe central de nos débats internes ou avec la population. Il n’empêche que c’est une sacrée question et j’essaie de la résumer comme je me la pose.
Au-delà d’un bilan depuis 2004 qui est marqué par une politique régionale sans comparaison possible avec celle de Jacques Blanc et du FN. Le poids des déclarations que nous connaissons tous pèse notamment dans la partie la plus proche de nous. Il me semble impossible de ne pas marquer la différence avec celui qui a tenu des propos colonialistes, des propos sionistes, des propos à connotation racistes. Celui qui rythme le débat régional par des déclarations à l’emporte pièce allant des femmes rasées à la libération qu’on aurait dû fusiller à Staline qu’il faut réhabiliter.
Celui qui méthodiquement organise la division des forces de gauche comme à Sète ou ailleurs en faisant ainsi des cadeaux à la droite. Marquer la différence aussi entre celui qui a mis en place un type de gouvernance à l’opposé de toutes les conceptions progressistes et républicaines. Celui qui est en guerre permanente avec les autres collectivités locales et vient de déclarer que les communistes devraient disparaitre (en commençant par supprimer les contrats de pub de la Région).
Et bien, si nous voulons marquer notre désaccord avec cela, qui touche au plus profond des valeurs de gauche, je pense qu’il sera bien compliqué de le faire en se présentant au 1er tour sur la même liste. La tête de liste, ce n’est pas qu’un problème des socialistes, c’est aussi le nôtre. Cela aussi est à mettre dans les débats.

Voilà camarades, cette semaine avec la fête de l’humanité sera aussi un tremplin pour le lancement d’une nouvelle formule de ce journal qui aura lieu début octobre avec l’organisation d’une vente militante exceptionnelle que nous devons préparer. Ce sera un grand moment de rencontre et de débats, une fête coup d’accélérateur aux luttes, une fête de la construction de l’alternative politique. Je vous invite à nous y retrouver.
Comme l’écrit Patrick Le Hyaric dans son édito de l’Humanité Dimanche : la fête va être un des lieux créatifs pour une riposte nécessaire et pour construire un projet de gauche sur de bonnes basses.


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