Conseil départemental du 25 février 2009 :
Rapport politique de Cédric Sudres
26 février 2009
Chers camarades,
Après plus d’un mois de grève générale en Guadeloupe et un renforcement des mobilisations en Martinique, en Guyane mais aussi à la Réunion, Sarkozy n’entend pour le moment rien céder. La seule réponse du gouvernement à un mouvement populaire d’une ampleur historique c’est la répressions et le pourrissement, avec une absence de volonté réelle de négocier… quel mépris !!
La grève générale menée par des milliers d’antillais contre l’exploitation outrancière, pour une augmentation des salaires et des minimas sociaux de 200€ et pour une meilleurs répartition des richesses vise en premier lieu les inégalités économiques et sociales engendrées - et je cite le manifeste de 8 intellectuelles martiniquais – « par la logique du système libérale marchand, lequel s ‘est étendu à l’ensemble de la planète avec la force aveugle d’une religion ».
Inégalité dans la répartition des richesses entre travailleurs et détenteurs du capital, où 1% de la population contrôle 90% de l’industrie et la moitié des terres.
Inégalité dans la répartition des richesses que la crise du capitalisme accentue de jour en jour et se démultiplie dans ces îles basées sur une économie, entretenue comme des comptoirs coloniaux (90% des importations viennent de la métropole).
Quand le premier ministre refuse le pré protocole prévoyant la participation de l’état pour l’obtention d’une augmentation de 200 euros, (sous prétexte que l’état ne doit par intervenir dans les négociations entre partenaires sociaux.) Quel mépris !!! Alors que l’Etat français a toujours largement subventionné et aidé le grand patronat békés.
Ce profond mouvement populaire puise aussi sa force dans une soif d’égalité. En effet, la population veut en finir avec les inégalités issues de la colonisation, de l’esclavage ; en finir avec « ce capitalisme béké » qui détient toutes les richesses ; en finir avec le racisme et les discriminations. Les antillais, descendants d’esclaves, noir, métisses, créoles, caribéens interpellent cette France qui refuse la diversité qui la compose, qui la forge, qui la nourrit… Ce mouvement c’est aussi la réponse des antillais, et plus largement de ce qu’on appel la diversité, aux propos de Sarkozy et de ses acolytes sur les biens faits de la colonisation ou encore sur l’identité nationale.
Les antillais font échos aux mobilisations sociales en métropole, ainsi de plus en plus nombreux sont les femmes et hommes à ne plus vouloir se laisser écrire leur propre histoire…
En métropole, après la mobilisation extrêmement puissante du 29 janvier- mais j’y reviendrais plus un peu plus loin - les mobilisations se développent :
mobilisations dans les entreprises, malgré le chantage à l’emploi
dans les services publiques toujours plus menacées et détricotées par la RGPP.
Ces mobilisations sont comme autant de réponses à l’égard de la politique de Sarkozy. La colère et les aspirations sociales montent à la mesure que la crise du capitalisme s’accentue est cause des ravages chaque jour de plus en plus durs…
Depuis plusieurs semaines dans les IUT, dans les universités, les grandes écoles, les étudiants, les enseignants-chercheurs, les enseignants et les personnels administratifs se mobilisent. Ces mobilisations ont toutes le même objectif : combattre les conséquences dangereuses de la loi LRU sur le service public d’enseignement supérieur.
Après la déréglementation pédagogique, instaurée par le système LMD, qui a mi à mal le cadre national des diplômes, les trois grands objectifs poursuivis par la loi LRU sont les suivants :
une déréglementation financière avec la réduction des financements publics des universités au profit de financements privés.
une déréglementation dans la gouvernance des établissements, avec l’instauration « de super-président » sans contre-pouvoir face à eux, avec notamment pour conséquence pour des entités comme les IUT d’être soumis au choix politiques et budgétaires du président de leur université de rattachement.
une déréglementation statuaire avec notamment une remise en cause du statut des enseignants-chercheurs mais plus largement de tous les personnels avec le développement des contrats de droit privé au détriment de postes statutaires.
Il s’agit là d’une véritable casse du service public de l’enseignement supérieur et de l’éducation. Or pourquoi casser, de manière générale, le service public alors que le service public ça marche, ça fonctionne !!! On là encore vu après le passage de la tempête dans le sud-ouest….le service public a accompli pleinement sa mission.
Et bien la réponse nous est apportée par François Fillon lui-même et permettez moi de citer ces propos qu’il a tenu devant la fondation Concorde : « le problème que nous avons en France, c’est que les gens sont contents des services publics. L’hôpital fonctionne bien, l’école fonctionne bien, la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d’une crise majeure…. » et de rajouter un peu plus loin « c’est bien en les fragilisant de l’intérieur (baisse d’effectif, baisse des investissements…) que l’on rendra les services publics impopulaires auprès des populations. Une impopularité qui pourra servir de prétexte pour des privatisations à venir… »
Après les succès de la mobilisation du 29 janvier avec plus de 2.5 millions de personnes dans la rue, (45 000 dans l’Hérault, dont 40 000 à Montpellier). Plusieurs enseignements peuvent en être tirés : Tout d’abord comme les communistes l’on scandés avec des milliers d’autre manifestants « et là Sarko tu la vois la grève ?? », le 29 janvier marque une première réponse à un Sarkozy orgueilleux qui a déclaré « désormais en France quand il y a une grève, personne ne s’en aperçoit !! ».
Plus sérieusement, au delà du pied de nez, le 29 janvier a vu la mobilisation de millions de salariés du privé et du public à l’appel de syndicats unis autour d’une plateforme historique. Entre 1 et 3 millions de travailleurs, de précaires, de chômeurs, d’étudiants unis pour exprimer une colère sociale à l’égard de la politique de Sarkozy.
Cette première mobilisation témoigne d’une profonde détermination de refuser de payer la note de la crise, de leur crise. Elle exprime la volonté de changement de politique, de transformation sociale, au regard des revendications portées pour une autre répartition des richesses, sur les salaires, les services publics, les défenses des libertés publiques… Des millions d’hommes et de femmes se sont levés pour dire stop à une société où une petite minorité s’en met plein les poches pendant que la majorité sombre dans la précarité et la pauvreté. Pour dire stop à un système économique où les entreprises du CAC 40 licencient à tout va malgré des profits énorme (94 milliard d’€ en 2008) a peine entamés par la crise financière. Ah, que cette journée a fait du bien, a redonné espoir et perspectives après tout les coups de boutoirs portés par Sarkozy.
Quel décalage entre ces puissantes aspirations populaires et le mini sommet social du 19 février… D’un cotés 20 milliards pour les banques, 15 milliards du bouclier fiscale pour les plus riches et de l‘autre 2,6 milliards pour les salariés… L’aumône et des mesurettes…. quel mépris !!!
Mais fallait-il attendre autre chose de la droite ? Non. Les syndicats ne veulent pas relâcher la pression, et ils ont raisons. Les communistes seront massivement le 19 mars dans la rue et avant, acteurs de toutes les luttes et de leurs développements, pour proposer d’autres réponses à la crise (pôle financier publique, augmentation du SMIC, moratoire sur les licenciements, investissement massifs dans les services publics…), pour construire avec les travailleurs, les précaires, la jeunesse des perspectives politiques solides. Le capitalisme n’est pas la fin de l’Histoire !
La réponse de la droite à la crise (qu’elle a contribuée à développer et à aggraver) c’est toujours plus de profits pour une minorité (pas touche au bouclier fiscale !!) ; c’est toujours la privatisation des profits et la collectivisation des pertes ; c’est 8 milliards de cadeaux pour le patronat. La réponse Sarkozy c’est aussi « j’essaye de relancer la consommation », en jetant des miettes à la population qui souffre de la crise, mais sans augmenter les salaires, sans remettre en cause le déséquilibre dans la répartition des richesses produites entre force de travail et capital, tout en se conformant au pacte de stabilité et en accentuant la RGPP ( - 30000 postes de fonctionnaires, qui touche tous les secteurs, baisse des aides au planning familiale… ) et le démantèlement les services publics avec en ligne de mire l’éducation et l’hôpital public.
Pour la droite, face à une contestation des méfaits du capitalisme qui se développe dans toutes les classes de la société et notamment dans les corps intermédiaires, il lui faut agir, il lui faut étouffer la gronde, la révolte, le désir de transformation sociale. Pour cela, les tenants de l’ordre établi on trouvé leur arme : Sarkozy.
Sarkozy : le véritable garant de la poursuite de la division sociale existante, en donnant toujours plus de liberté pour les entreprises… et toujours moins pour le citoyen. Plus de la moitié des français fichés au STIC, des responsables syndicaux licenciés, des militants de l’huma poursuivis, une garde des sceaux qui déclare que « l’indépendance de la justice se mérite », un député UMP qui réclame des sanctions contre l’abus de grève…
Etat policier, répressions des mouvements sociaux, réductions des droits des citoyens, remise en cause de l’indépendance de la justice, de la presse sont les différents axes que les tenants « de la fin de l’histoire » utilisent pour dessiner leur société et pour tuer dans l’œuf toutes tentatives de transformation sociale et de dépassement du capitalisme.
Au regard des mouvements sociaux actuels, nous devons, plus que jamais, faire vivre nos propositions pour un nouveau mode de développement alliant transformation sociale, démocratique et environnementale. Nos propositions méritent d’être plus connues, plus débattues, plus partagées. Comme le dit Jean-Marc Coppola, « il faut débattre projet contre projet ».
Les élections européennes nous donnent cette occasion de lancer ce grand débat projet contre projet. Après le succès du meeting de Frontignan, plus de 1000 personnes – (et je pense que nous pouvons féliciter l’ensemble des camarades qui ont contribué au succès de ce premier meeting unitaire du front de gauche), mais aussi succès du meeting de Marseille. La campagne du front de gauche est définitivement lancée…Le succès de ces meetings sont a souligner au regard du fait que se sont des meetings de début de campagne et qui concernent des élections qui généralement mobilisent peu.
Très bientôt les communistes vont devoir se prononcer sur leurs candidats. Les désignations des candidats, la mise en place d’un comité de liaison national, mais également d’un comité de liaison front de gauche local, donne de la matière pour l’amplification de notre campagne. Campagne qui comme l’a rappelé encore très justement Francis Wurtz doit « se situer dans le prolongement naturel des mouvements sociaux », une campagne tournée vers le vécu quotidien des citoyens. A nous de faire de cette campagne un point de résistance aux politiques Sarkozystes et un puissant levier pour changer l’Europe.
Cédric SUDRES



