Tunisie :

Qui menace les intérêts vitaux du peuple tunisien ?

Les lois de réforme du Code pénal sont sensées être l’indicateur du niveau des libertés et de progrès dans n’importe quelle société. Elles sont un indice de civilisation. Dans cette logique, et sans vouloir donner des leçons en matière des droits de l’Homme à d’autres pays, la situation tunisienne est devenue très alarmante.


2 juillet 2010

Désormais, les intimidations et harcèlement dont étaient victimes les défenseurs des droits de l’Homme, les journalistes et leurs avocats, se transforment en une loi qui, en moins de quatre semaines, a été projetée, débattue, soumise au contrôle de constitutionnalité, enregistrée au rôle du Parlement, puis votée par un quasi unanimisme par le Parlement tunisien ce 15 juin 2010.

Nous nous interrogeons à la fois sur l’empressement de la mise en application de cette loi, sur sa finalité qui souligne « intérêts vitaux » et « sécurité économique » du pays, mais aussi sur la manière dont elle va être conciliée avec le droit à la liberté d’expression garanti par l’article 8 de la Constitution tunisienne et l’article 19 du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques.

En plus de la répression de l’opposition à l’intérieur du pays, cette loi vise aussi à réprimer quiconque, qui, de « manière directe ou indirecte », établit « des contacts avec les agents d’une puissance étrangère ou d’une institution ou organisation étrangère ».
Économiquement parlant, il est clair que la négociation du statut avancé entre l’UE et la Tunisie avance au fur et à mesure que les droits de l’Homme et la démocratie régressent. Une nouvelle preuve que les intérêts économiques et diplomatiques de l’Europe d’aujourd’hui prennent le pas sur les besoins vitaux humains.

Au côté du CRLDHT et des forces progressistes, le PCF s’engage à poursuivre, et sans la moindre relâche, sa dénonciation de la politique répressive du gouvernement tunisien, invite toutes les organisations nationales et internationales de défense des droits de l’Homme à constituer, sans plus tarder, un front international se fixant pour objectif l’abrogation de cette loi et rappelle que les intérêts vitaux d’un peuple se garantissent dans des choix politiques, économiques, juridiques, sociaux et administratifs, qui vont vers plus de démocratie populaire et la répartition équitable des richesses.

Nawel Bab-Hamed
élue communiste dans le Rhône


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