Portugal :

Premiers commentaires sur les dernières législatives.

Le Parti socialiste, avec à sa tête José Socrates, avec 36,6%, perd près de 9% sur 2005 et sa majorité absolue au Parlement (96 sièges contre 121). C’est son moins bon résultat depuis 1991.


9 octobre 2009

Résultats de 2005 avec une participation de 65,03% :

PARTI SOCIALISTE : 45% et 121 sièges,
PARTI SOCIAL-DEMOCRATE (DROITE) : 28,8% et 75 sièges,
CENTRE DEMOCRATE SOCIAL (DROITE EXTREME) : 7,3 % et 12 sièges,
BLOC DE GAUCHE : 6,4 % et 8 sièges,
CDU (PARTI COMMUNISTE PORTUGAIS) : 7,6 % et 14 sièges.

Résultas de 2009 avec une participation de 60,60% :

PARTI SOCIALISTE : 36,6 % et 96 sièges.
PARTI SOCIAL-DEMOCRATE (DROITE) : 29,1 % et 78 sièges
CENTRE DEMOCRATE SOCIAL (DROITE EXTREME) : 10,5 % et 21 sièges
BLOC DE GAUCHE : 9,85 % et 16 sièges
CDU (PARTI COMMUNISTE PORTUGAIS) : 7,9  % et 15 sièges.

L’écart qui le sépare néanmoins de la droite (PSD) est de 7,5%, ce qui lui permet de crier victoire. Et ce d’autant plus que, lors des élections européennes, la droite était arrivée en tête (31,71%) alors que le PS subissait une très lourde défaite (26,58%).

L’abstention (40%) a été très importante et a probablement pénalisé le PS comme lors des élections européennes.

Le Parti social-démocrate, dont est issu l’actuel Président de la République Cavaco da Silva, a mené campagne sur la limitation de l’investissement public pour ne pas aggraver la dette (il s’est opposé à la réalisation de la ligne TGV qui pourrait relier le Portugal à l’Espagne). A l’extrême droite, le CDS marque des points avec 10,5% des voix et devient le troisième parti. Il a récupéré une partie de l’électorat populaire de la droite sur une base ultra-sécuritaire (notamment concernant l’immigration).

A gauche du PS, le Bloc de Gauche continue à progresser nettement à chaque élection (avec 9,85% contre 6,4%, il double le nombre de ses députés). Il diversifie son implantation en obtenant des députés non seulement là où il était déjà implanté (Lisbonne, Porto, Setubal) mais aussi dans le Nord (Braga, Aveiro), le centre (Coimbra) et le Sud (Faro). Le leader du BG, Francisco Louça, a axé sa campagne sur les risques d’une nouvelle majorité absolue pour le PS : la lutte contre la fracture sociale, le financement de la protection sociale par un impôt sur les grandes fortunes. Le BG a mobilisé de nouveaux électeurs, des jeunes et également des électeurs (classes moyennes) plus traditionnellement acquis au PS, mais profondément heurtés par la politique de coupes dans les dépenses publiques qui ont suscité d’importantes luttes dans l’éducation, la santé, la fonction publique.

Le PCP (la coalition CDU est composée des communistes et des Verts) a des résultats plus contrastés. Globalement, il consolide ses résultats avec un léger gain en pourcentage et en voix et un député en plus. Le PCP continue à progresser là où il est déjà fort et à concurrencer ainsi fortement le PS (Setubal et autres villes de la banlieue de Lisbonne) et dans le sud du pays (Evora, Beja). Dans une moindre mesure, il conserve une influence non négligeable dans le centre du pays (Santarem, Portalegre) et dans les grandes villes (Porto et Lisbonne). Mais dans le nord du pays durement touché par la crise (petites et moyennes entreprises), son influence reste marginale (à part les quartiers populaires de villes telles que Braga).

Le PCP a bénéficié du développement des luttes (en particulier contre la désindustrialisation du pays, la précarisation du travail et le démantèlement de la protection sociale) auxquelles il a contribué fortement et qui lui ont permis d’obtenir un excellent résultat lors des dernières élections européennes. Mais il a pu être touché également par une démobilisation dans le vote de l’électorat populaire. Les élections municipales du 11 octobre seront particulièrement importantes pour lui permettre de consolider voire de gagner des positions là où il dirige déjà les municipalités (notamment dans la communauté urbaine de Lisbonne) ou dans le Sud et le centre du pays.

Le premier ministre, José Socrates, a d’ores et déjà fait savoir qu’il gouvernerait sur la base de son programme qui comprend certes plusieurs mesures sociales qui visent à réduire la pauvreté et à accroître l’investissement public dans des projets d’infrastructure. Mais l’application de ces mesures notoirement insuffisantes pour faire face à l’aggravation du chômage, de la précarité et à la détérioration des services publics va de plus se heurter aux choix budgétaires que le gouvernement va devoir préciser pour faire face à la détérioration des finances publiques .

Dans une situation où le Parti socialiste a perdu la majorité, il devra définir sa politique en tenant compte d’une forte représentation de la gauche anti-capitaliste au Parlement. Celle-ci qui reste divisée -et qui a fortement progressé également aux élections européennes- a exclu toute possibilité de soutien au gouvernement tant que celui-ci ne définira pas des orientations en rupture avec ses choix actuels. Si un accord avec la droite semble exclu, on s’achemine donc dans un premier temps vers la constitution d’un gouvernement socialiste sans majorité au Parlement et donc une situation politique très instable.


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