Joyeuse année à tous ! :
Les photos de la soirée des voeux, à Pézenas, de la fédération du PCF de l'Hérault, du MJCF 34 et de l'ADECR 34.
Florian Vire, pour le MJCF 34, François Liberti, pour l’association des Élus Communistes et Républicains de l’Hérault et Michel Passet, secrétaire départemental ont pris successivement pris la parole. Retrouvez ci-dessous le discours de Michel Passet.
7 janvier 2011
90 ans, un anniversaire, cela se fête, cela s’analyse, cela se commente.
L’histoire de notre Parti appartient certes aux historiens qui font par ailleurs un travail remarquable, mais parmi ces historiens, il nous faut distinguer les antiquaires de l’histoire. Louis XIV était un bon roi pour son peuple, la preuve, on l’appelait le roi soleil et il a une magnifique statue sur la place du Peyrou à Montpellier. Il y a les chiffres, les statistiques remarquables elles aussi, mais j’ai appris ces derniers jours que statistiquement ma petite-fille née un mois de décembre aurait beaucoup moins de chance de faire des études et avoir un bon emploi que mon petit-fils né au mois de février. Je ne suis ni historien, ni statisticien, j’aime mieux au regard du réel du mouvement des peuples, des sociétés, examiner l’histoire dans son mouvement perpétuel.
Après la chute du mur de Berlin, on nous annonçait un capitalisme triomphant. Le monde libéré de la menace communiste allait pouvoir enfin connaitre une époque de prospérité et de bien être sans précédent.
Aujourd’hui, exceptés ceux qui bénéficient des privilèges et du système, peu sont celles et ceux qui affirment que le capitalisme, c’est le bonheur des peuples. C’est dans cette lutte anticapitaliste pour un autre monde, pour un autre devenir de l’humanité, que ce construit au quotidien avec au centre des hommes et des femmes le Parti Communiste Français.
Dès son arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy, dans un rappel historique, a souhaité que notre jeunesse connaisse ce bel exemple qui était Guy Mocquet. Mais Guy Mocquet et d’autres communistes ou non, qui ont vécu et souvent payé de leur vie ces moments tragiques pour notre pays ne se sont pas seulement battus pour chasser les allemands hors de France. Ils se sont battus pour que la France de 1945 ne ressemble pas à celle de 1939. On doit à ces hommes et ces femmes cette merveilleuse conquête d’être égaux face aux soins nécessaires. Ils avaient compris que les secteurs essentiels de notre économie les transports, l’énergie, une partie des structures financières devaient appartenir à la nation et non aux intérêts privés. Ils avaient su inventer une chose unique au monde : le service public. Le service public dont l’objectif est de rendre les mêmes services que l’on soit blanc, noir, pauvre, riche, musulman ou catholique. Ils ont agi pour que dès la libération notre pays soit un pays indépendant, maître de son présent et de son avenir. Telles étaient les grandes valeurs du programme du conseil de la résistance sur la base de ce programme même s’il y a eu insuffisances, désaccords, dévoiements. Ils ont redressé, enrichi notre pays, qu’ils ont porté à un haut niveau les valeurs de la laïcité, auxquelles nous tenons tant.
Avec ténacité, haine et hargne, Nicolas Sarkozy et son gouvernement s’attachent à renier point par point les valeurs fondamentales de ces avancées historiques. Loin de l’hommage à Guy Mocquet, leur politique est une insulte a ce qu’a été la grandeur de la France, aux luttes de ces hommes, aux communistes qui, par leur bataille, parfois leur participation au plus haut niveau dans la gestion des affaires de l’Etat, ont contribué à faire aboutir et avancer dans un souci de progrès et de rassemblement permanent, ces belles choses.
Dans le domaine de la santé, les hôpitaux sont placés sous le couperet de la rentabilité. Les laboratoires pharmaceutiques ne sont même pas soumis aux principes de précaution en ce qui concerne les médicaments. Je me félicite de la lutte des salariés de SANOFI.
Dans le domaine de l’enseignement, ce sont les restrictions, les suppressions de postes, des pans entiers de l’éducation fondamentale abandonnés, la privatisation des universités.
Au niveau des services publics où des grands secteurs hier nationalisés, le profit est roi. Simplement un exemple : hier, modèle du transport des services rendus à la nation, la SNCF aujourd’hui connait les épisodes qui se répèteront au détriment des services rendus aux usagers, au détriment de son rôle prépondérant dans l’économie.
Les inégalités vont croissantes. Dans notre département, 100 000 personnes vivent avec des revenus inférieurs à 800 € par mois. La moitié des retraités gagnent moins de 1100 € par mois. Notre département est un département pauvre. Je citerai simplement ce témoignage de cette personne âgée sur Radio France Hérault : « Avec 800 € par mois, pendant un an, je n’ai pu payer mon électricité. Je n’avais plus de lumière, rien pour faire chauffer ma cuisine, je n’avais plus de chauffage. » Dans le même temps, on s’achète pour les fêtes de fin d’année un petit bijou à 36 000 €. Dans le même temps, pour services rendus, Bernard TAPIE grâce à un coup de pouce de l’Etat recevait 260 Millions d’Euros. Dans le même temps, on voulait nous faire pleurer sur le sort d’une autre vieille dame, Madame BETTANCOURT.
L’histoire de notre parti s’inscrit dans la lutte sans compromis pour révéler, lutter contre les injustices.
Oui en France, Nicolas SARKOZY et son gouvernement, ses proches du patronat écrivent une des plus belles pages du capitalisme, un page des plus noires pour l’histoire de notre pays et de notre peuple. Une page des plus noires pour la politique de notre République à la manière de Thiers le versaillais, Sarkozy veut venger sa classe des acquis de la résistance et des acquis des luttes. Thiers montrait son cul à une fenêtre du château de Versailles face aux communards qui manifestaient. Sarkozy a étalé sa richesse, sa surdité, parfois sa grossièreté aux 7 millions de personnes qui ne demandaient qu’une chose : qu’une partie des richesses serve à garantir ces moments de vie bien mérité que sont la retraite.
Nicolas et Angela se veulent les chevaliers blancs de l’Europe. Une Europe où l’on peut circuler librement, surtout lorsqu’on est rom, une Europe qui ne devait pas connaitre les inégalités sociales, devait finir le temps où pour un même travail, on gagne 300 € en Pologne et 1000 € en France. Une Europe où grâce à sa monnaie unique enfin l’économie aurait pu être régulée, n’aurait pas suivi la concurrence sauvage. Aujourd’hui, l’Europe est l’endroit de la planète où le capitalisme sauvage fait le plus de ravages que ce soit au niveau social, économique ou politique, où des états sont en faillite. L’histoire des communistes s’inscrit pour une Europe des peuples, dans un respect mutuel de la souveraineté des états, dans un progrès économique, social constant, un progrès des libertés.
Comme moi, vous vous mobilisez, comme moi, vous êtes attentifs aux petits messages que nous délivrent les médias, messages qui comptent les jours où sont retenus les otages français. Soyons clairs, ces prises d’otages ne sont pas acceptables. Encore moins acceptables, lorsqu’elles concernent des journalistes ou des personnes responsables de mouvements humanitaires.
Mais les médias pourraient aussi livrer d’autres messages quotidiens. Depuis un certain 11 septembre, cela fait près de 3000 jours que dans des pays des hommes et des enfants meurent ou sont menacés de guerres parce que les puissants de la planète ont déclaré leur état terroriste.
Depuis plus de 22600 jours et des poussières, l’impérialisme américain maintient un blocus inacceptable sur une petite île dont les habitants n’ont ni envahi les Etats-Unis, ni représentent une menace militaire à leur égard. Ces habitants ont commis le péché mortel : vouloir vivre sur un autre régime que le régime capitaliste.
Depuis 2460 jours, un Etat Israël, viole les lois internationales sans qu’aucune mesure ne soit prise à son égard. Cet Etat refuse la terre, le droit aux territoires à un peuple, le peuple palestinien qui ne demande que son droit. La politique d’Israël fait peser de lourdes menaces sur tous les territoires de cette région, et bien au-delà sur l’ensemble du monde.
Depuis maintenant plusieurs centaines de jours, les religions, à l’opposé de ce qu’elles devraient être fondamentalement, sont utilisées pour faire peur, pour susciter des affrontements. Dans de nombreux pays, on n’a pas les mêmes droits selon le Dieu auquel on croit. Vous me direz, c’est dans de nombreux pays. Mais en France, pays laïque, selon que l’on soit catholique ou musulman, on ne peut pas pratiquer son culte dans les mêmes conditions. En Suisse, pays neutre, on a le droit d’élever les clochers mais pas les minarets.
Partout dans le monde, entre les Etats-Unis ou le Mexique, la Turquie et la Grèce, l’Espagne ou le Maroc, on monte des murs, déploie des barbelés pour arrêter des pauvres gens qui fuient la misère et la mort dans l’espoir d’un monde meilleur. C’est là le résultat d’un monde capitaliste barbare, exploiteur, impérialiste refusant d’écouter ceux qui pourtant a été écrit il y a plus de 2000 ans : « Si tu donnes un poisson à quelqu’un qui a faim, tu le nourriras un jour, si tu lui apprends à pêcher, il se nourrira tous les jours ».
Notre histoire de communistes, c’est de lutter pour un monde de paix, de fraternité, pour un nouvel ordre économique mondial où l’homme, et seulement l’homme, serait au centre, serait le décideur de son présent, le constructeur de son devenir. Face à de grands enjeux y compris écologique c’est le capitalisme et non l’homme qui menace la planète.
Aujourd’hui, la lutte que nous menons contre le capitalisme pour une autre société, pour que les valeurs communistes n’est certes pas facile. Elle n’est pas facile parce que ce que nous voulons, c’est construire un autre monde. Elle n’est pas facile parce que même si nous avons commis et commettrons des erreurs nous ne renoncerons pas. Elle n’est pas facile parce que nous avons conscience que c’est avec les citoyens, leurs luttes, la nécessité impérative qu’ils aient plus de pouvoirs, que nous changerons les choses. Seul le peuple peut véritablement et durablement changer les choses.
C’est la raison pour laquelle nous nous sommes engagés devant le besoin pressant de changer en France, de mettre en œuvre la construction d’un programme partagé avec les citoyens parce que nous sommes, et parce que c’est nécessaire, un parti de rassemblement. Nous voulons bâtir une politique de front, nous n’admettons pas que la gauche soit seulement une parenthèse, un aménagement, un renoncement. A ce propos, je souhaite commenter une déclaration de Manuel VALLS, personne qui mérite d’être inconnu. Il propose de dévérouiller la loi des 35 heures, mais il n’a pas dit que cela. Sa phrase exacte est : « Il faut dévérouillier la loi sur les 35 heures pour celles et ceux qui ont la chance d’avoir un travail ». Monsieur VALLS, le travail n’est pas une chance, il devrait être un droit. Un droit parce qu’il permet de vivre, mais pas seulement, il permet à l’être humain, à la différence de l’animal, de créer et de s’épanouir. C’est bien. Parce que depuis 1983, la part des richesses redistribuée pour rémunérer le travail n’a cessé de diminuer, que ces richesses sont allées à la spéculation, que nous connaissons aujourd’hui la pire des crises, un état en faillite.
Oui, communistes, nous voulons mettre le travail, sa formation, sa rémunération, les conditions dans lesquelles il s’exerce, le droit et les pouvoirs des travailleurs au centre de notre politique. Entre vous et nous, Monsieur VALLS, ce n’est pas seulement des mesures droite ou gauche qui nous séparent, c’est tout un monde.
Nous voulons être avec et au cœur d’une gauche révolutionnaire.
Permettez-moi de dire quelques mots sur les élections présidentielles de 2012.
Il convient de remettre ces élections à l’endroit. Aujourd’hui, on élit plus un conseil municipal mais un maire. Aujourd’hui, on élit plus un conseil régional mais un président. Aujourd’hui peu importe l’assemblée nationale ou le sénat, seule l’élection de l’être suprême est important. Tout d’abord pour cette élection, il s’agit de parler de contenu. Il s’agit d’établir avec les gens le bilan, il s’agit d’établir avec les gens ce que l’on fera. Vous déciderez avant les congés de celle ou celui qui devra être en première ligne pour mener cette bataille. Je le disais au début de mon intervention, méfions-nous des images et des chiffres. Fils d’ouvrier agricole, mon père m’a enseigné que ce n’était pas le chiffre qui faisait la qualité du vin, que ce n’était pas l’étiquette collée sur la bouteille qui en garantissait le contenu…
Dès ce début d’année, dans le département de l’Hérault, nous avons décidé d’intensifier notre action pour un parti communiste plus utile. Liée avec les élections cantonales, nous lançons une campagne de 3 mois de contacts, de renforcement avec tracts, affiches, cartes postales, réunions publiques. Nous voulons renouer avec les grands moments de l’histoire de la Fédération du parti communiste français de l’Hérault, pas par nostalgie, mais parce que ces moments là étaient des moments forts, politiques, conviviaux et fraternels. Vous l’avez massivement demandé les 28 et 29 mai se tiendra à Montpellier en plein air une grande fête fédérale que dès à présent je vous invite à construire. Certes, et je le sais, beaucoup de camarades face aux difficultés, au recul, à la dureté de la lutte, sont un peu découragés. Cela conduit parfois à des incompréhensions, des aigreurs, je l’ai dit au mois de juin lors de la conférence départementale, l’écoute, le débat, la parole au quotidien, l’échange doivent être notre pain quotidien. Nous devons veiller à ce que le respect de l’autre conduise à ce que la confiance remplace la méfiance. Le parti communiste est à mon sens une grande maison commune. On ne peut pas vivre dans la même maison sans un minimum de fraternité, d’amitié, de camaraderie. Comment pourrait-on vouloir une société fraternelle, juste, conviviale et vivre dans notre parti le contraire de ces valeurs ?
Communiste, c’est un bel avenir, c’est un beau nom, camarades.
Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne année.

















