Congrès du Parti de la Gauche Européenne - Paris 3 au 5 décembre 2010 :
Evaluation politique et perspectives
Il sera utile de faire connaitre les textes de bilans d’activité qui ont rédigé les réseaux et groupes de travail, ainsi qu’un récapitulatif des initiatives et réunions qui ont eu lieu depuis le Congrès de Prague.
10 novembre 2010

La question posée n’est pas de s’en tenir à un commentaire de ce bilan, mais à une évaluation politique de l’activité, du rayonnement et du fonctionnement du PGE conduisant à des propositions d’amélioration. Les propositions qui concernent l’organisation du travail du PGE peuvent conduire à d’éventuelles modifications des statuts (voir les propositions de la commission « Statuts »).
Pour être vraiment utile et pertinente, l’évaluation doit porter non pas seulement sur la période qui nous sépare du dernier congrès, mais sur les six premières années d’existence du PGE. Autrement dit, sur les premiers pas d’un parti jeune qui constitue en tant que tel une réalité politique inédite.
La projet constitutif du PGE (construire un espace de travail, d’action commune et de solidarité entre « organisations et partis politiques de gauche européens, indépendants et souverains, qui travaillent sur la base du consensus » avec pour but de résister aux politiques néolibérales et de proposer des alternatives en Europe) est en effet une innovation. Un tel espace politique n’existait pas avant le PGE et l’énoncé de sa raison d’être en fait ressentir le caractère absolument indispensable alors que, pour leur part, les Etats, les patronats, les syndicats, les mouvements sociaux coordonnent leur réflexion et leurs actions au niveau européen et que les problèmes politiques posés aux peuples et aux pays ont désormais une importante dimension européenne.
Au cours de ces six années, ce travail commun a commencé. Il s’est construit au travers de contacts suivis et réguliers qui ont appris aux partis membres et observateurs, divers dans leurs cultures, leurs traditions, les réalités politiques auxquelles ils sont confrontés, à mieux se connaître, se comprendre, à travailler ensemble dans les instances du PGE, dans des réseaux et groupes de travail, lors de l’Université d’été organisée désormais chaque année, lors des fêtes des partis auxquelles participe le PGE. Il s’est construit également au travers de textes fondamentaux qu’ils ont adoptés, tels les documents de Congres et la plateforme pour les élections européennes de 2009, ainsi que de campagnes qu’ils ont décidées et menées ensemble comme celle contre la précarité, contre le traite constitutionnel et contre le traite de Lisbonne. Il s’est enrichi par la création d’une fondation auprès du PGE avec le réseau Transform.
L’utilité et l’efficacité de cette action peuvent se mesurer au nombre d’organisations et partis qui ont décidé, années après années, de rejoindre le PGE : celui-ci compte aujourd’hui 25 partis membres et 10 partis observateurs contre 6 lors de sa création. L’appréciation de ces six années doit donc être considérée comme positive. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas d’insuffisances.
Les réseaux et groupes de travail reconnaissent eux-mêmes qu’ils ont rencontré ou rencontrent des difficultés. Certains ont connu des interruptions de leur activité. Il faut aussi être lucide sur la réalité des répercussions sur le terrain, dans chaque pays, des initiatives prises par le PGE. L’impact des campagnes décidées en commun et les mobilisations qu’elles ont entraînées ont été réels (rappelons par exemple la manifestation de Strasbourg), mais ils n’ont pas toujours été à la hauteur de ce qui était escompté. Surtout, la plateforme pour les élections de 2009, qui a fait l’objet d’un travail commun approfondi et a été largement publiée, n’a sans doute pas toujours été un élément marquant pour les campagnes électorales des partis.
Une appréciation équilibrée doit donc intégrer la réalité des progrès incontestables que ces six années d’existence et d’activité du PGE ont permis et noter certains tâtonnements et manques à gagner. La question qui nous est posée n’est donc pas de tout bouleverser, comme si le travail engagé avait été sans résultats alors qu’il constitue un acquis précieux ; mais elle n’est pas non plus seulement de se contenter de corriger ces insuffisances. La question qui nous est posée par la réalité à laquelle nous sommes désormais confrontés à l’échelle de l’Europe et de chacun de nos pays est inédite.
Nous sommes en effet entrés, comme le souligne le document politique du congrès dans une période nouvelle : celle de la coordination renforcée des politiques néolibérales, autoritaires et atlantistes imposées aux peuples à l’échelle de l’Union européenne. Et donc de l’exigence impérative pour les peuples européens (selon le titre du document) de construire « des actions communes pour la résistance et l’alternative en Europe ».
Cela implique de nouvelles responsabilités pour le PGE et pour chacun de ses partis membres et observateurs. Le congrès devrait décider d’engager une nouvelle phase de développement de l’activité et du rayonnement de la Gauche européenne.
Une nouvelle phase de développement pour permettre aux idées et aux propositions politiques dont le PGE est porteur d’avoir davantage d’impact dans le paysage politique européen aujourd’hui dominé par les conceptions néolibérales ou celles du repli xénophobe et ultranationaliste. Ce qui implique des ameliorations de fonctionnement du PGE permettant une meilleure cooperation entre les partis, de faciliter la poursuite de l’activite des reseaux et groupes de travail et d’en créer de nouveaux, par exemple en direction des jeunes. Un effort du PGE et des partis nationaux est necessaire pour que leurs militants soient davantage associés aux décisions et qu’ils puissent ainsi s’impliquer pleinement dans leur mise en oeuvre ; qu’ils ressentent et fassent vivre réellement la force que représente leur intervention comme militants de leur parti et militants de la Gauche européenne. C’est d’autant plus indispensable que les futures élections européennes, avec le probable changement de loi électorale, donneront plus d’importance aux partis européens et qu’il n’est pas trop tôt pour se donner de nouvelles habitudes militantes.
Et une nouvelle phase de développement pour permettre au PGE d’être un véritable pôle de rassemblement et de solidarité à l’échelle européenne, de s’adresser à ces millions d’hommes et de femmes qui refusent les sacrifices qu’on leur impose et sont à la recherche de nouveaux repères politiques pour résister et pour changer.
Cela ne se fera pas en un jour. C’est un processus à engager dans la durée pour faire bouger les consciences et les réalités. Le congrès, qui va permettre de réunir les représentants mandatés de tous les partis du PGE devrait être le moment privilégié d’engagement de ce processus en décidant de lancer une initiative politique à l’échelle européenne ayant cet objectif de rassemblement pour la résistance et l’alternative, qui fasse réellement événement, et dont le thème et les modalités restent évidemment à imaginer et à décider ensemble.



