La lettre des relations internationales du PCF - avril 2010 :
ENLAZANDO ALTERNATIVAS...
Le VIème sommet Union européenne/Amérique latine les 17 et 18 mai à Madrid remettra au centre des débats la contradiction manifeste entre la politique extérieure de l’Union et les attentes des peuples latino-américains.
3 mai 2010
L’Union tient le discours du développement, de la coopération, de l’association positive vis-à-vis des pays du Sud avec lesquels elle a conclu nombre d’accords. Mais le contenu réel de ses échanges reste principalement structuré sur l’ouverture de zones de libre-échange dans une conception qui privilégie l’activité des transnationales.
Cela ne concerne pas que l’Amérique latine. Les mêmes options et critères président aux relations avec les ACP (pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique), l’Afrique du Sud, l’Inde, ainsi qu’avec les PSEM(pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée).
L’Europe n’est donc pas au rendez-vous pourtant incontournable des enjeux du développement et de la sécurité humaine qui sera une des questions majeures du XXIème siècle.
C’est un échec qui est le fruit des choix néo-libéraux effectués. Même la perspective « d’Europe puissance » est hors de portée des « vingt sept » puisque ces mêmes choix affaiblissent l’Union et ne lui permettent pas de jouer un rôle indépendant et original pour répondre au besoin d’un véritable partenariat qui s’exprime en Amérique latine et ailleurs, et pour ouvrir un dialogue politique, une coopération d’intérêt réciproque avec l’ensemble des pays concernés.
C’est le projet européen lui-même qui est en cause. Les peuples européens sont ainsi directement concernés par cette carence grave. Ce VIème sommet UE/Amérique latine n’est donc pas qu’une préoccupation « extérieure ». Nous avons besoin d’une construction, d’une refondation européenne comme moyen pour coopérer contre les règles du capitalisme et ses modes de gestion libéraux, dans un contexte mondialisé. C’est un enjeu de grande dimension.
C’est cela qui sera discuté à Madrid par l’ensemble des forces politiques et sociales progressistes rassemblées dans un réseau bi-régional européen et latino-américain, Enlazando Alternativas (tissons des alternatives).
Le PCF en est partie prenante parce qu’il s’agit d’un espace de combativité politique où se construisent concrètement les conditions d’un nouvel internationalisme.
Jacques Fath
responsable des Relations internationales



