Déclaration de la section de Balaruc du Pcf
Réuni le 14 décembre, le comité de la section du Pcf de Balaruc a décidé d’adresser un appel solennel à la direction du parti, en vue de la rencontre des secrétaires de section qui aura lieu le 8 janvier à Villejuif.
12 janvier 2011
Nous pensons d’abord qu’il faut remettre de l’ordre dans la maison. Nous sommes quelque peu amers en constatant les dérives d’un certain nombre de camarades du Languedoc-Roussillon qui, non seulement, n’ont pas appliqué les décisions prises majoritairement, mais continuent, avec la bienveillance des médias, de se réclamer du PCF. Cela, malgré nos démarches réitérées, notamment auprès de Marie-George Buffet. Jean-Claude Gayssot, Josiane Collerais, Jean-Pierre Boré et Henri Garino qui ont rejoint aux régionales la liste de Georges Frêche, en semant la confusion, ont contribué à ce que le Front de gauche, ne soit pas présent au second tour. Aujourd’hui, ils ont constitué un groupe communiste sans que ne soit apporté le moindre démenti, ni des Fédérations, ni du Conseil national.
Et maintenant, nous apprenons qu’un secrétaire du groupe communiste à l’Assemblée nationale vient de rejoindre un cabinet ministériel, tandis que c’est Robert Hue qui est l’invité d’une émission de télévision pour parler du 90è anniversaire de notre parti. Tous ces phénomènes conjugués ternissent l’image du parti, contribuent à nous discréditer et découragent nombre de militants et d’adhérents.
Sur les questions essentielles d’ouvrir une alternative politique de gauche porteuse de choix politiques en rupture avec les choix actuels, nous avons organisé une rencontre le 19 novembre à Balaruc (60 personnes au débat, 6.300 habitants), dont le compte-rendu vous a été adressé.
Concernant le Front de gauche, nous avons de fortes interrogations qui portent essentiellement sur l’idée que l’identité communiste ne soit pas effacée. L’union n’est pas fusion et encore moins confusion . Il faut bien sûr battre Sarkozy mais pour faire quoi ? Certainement pas pour mettre en œuvre les directives du FMI ou de la BCE. Si nous voulons que chacun devienne acteur des choix politiques répondant aux attentes, il faut, c’est évident, mener des campagnes politiques et idéologiques en profondeur et sur tous les terrains. S’il ne s’agit pas pour nous de présenter un programme tout ficelé, nous pensons que la direction du parti devrait prendre des initiatives fortes interpellant publiquement toutes les forces de gauche et les médias. Nous pourrions lancer l’idée, pour répondre concrètement aux attentes des citoyens de proposer « 10 engagements pour, avec vous, changer vraiment de politique ».
Des engagements qui pourraient énoncer quelques mesures prioritaires allant des institutions à la lutte pour le plein emploi, en passant par la revalorisation des services publics, l’Europe et la monnaie commune, la réforme du système bancaire, sans oublier la préservation de la planète et les moyens à se donner pour réussir. Sur les retraites par exemple, nous pourrions lancer l’idée d’assises nationales ouvertes à tous les partenaires sociaux sous l’autorité du premier ministre dont les conclusions pourraient être suivies d’un référendum.
Nous pensons aussi qu’il faut clarifier notre position sur le Front de gauche. Il ne s’agit pas de demander à d’autres de se rassembler derrière notre panache rouge, mais il ne faut pas non plus considérer simplement le PCF comme la force militante qui doit faire l’essentiel du boulot et se taire. Avec un contenu des mesures à prendre et des moyens à se donner, il nous faut revendiquer notre identité et prendre nos propres initiatives. Plutôt que la concurrence, l’émulation entre partenaire devrait être la règle afin de stimuler : réflexions – propositions – actions.
Bien entendu, nous ne pourrons échapper à l’épineux problème de la désignation d’un candidat qui, compte-tenu de la nature du scrutin présidentiel, n’est pas sans importance. Avec ce candidat, il faut une direction collégiale et faire le lien entre présidentielles et législatives. Jean-Luc Mélenchon est depuis longtemps, en campagne au point que, les médias aidant, on peut se demander s’il n’est pas le candidat déjà désigné. André Chassaigne est-il oui ou non, le candidat du parti à la candidature ? La désignation du candidat Front de gauche doit rassembler et non diviser. Nous devons prendre garde à ne pas porter le chapeau, comme ce fut le cas avec le mouvement antilibéral, d’une éventuelle rupture.
Pour en avoir longtemps débattu, nous pensons qu’il faut d’abord aller à l’essentiel c’est-à-dire le contenu d’une autre politique et les moyens à se donner pour réussir. La désignation du candidat Front de gauche devrait être un signal fort adressé au mouvement social et aux citoyens. Pour porter et crédibiliser cette politique, nous proposons que le Front de gauche réfléchisse à une candidature qui pourrait être une personnalité incontestable de la société civile ou du mouvement social. Nous pensons, par exemple, à Maryse Dumas, Anicet Le Pors, Gérard Aschiéri, Didier Le Reste et il y en a bien d’autres.
Dimanche 2 janvier 2011



