fête du PCF de Murviel les Béziers :

Communistes, soyons offensifs !

Discours de Jean Louis Bousquet.


1er septembre 2009

Il y a un an, ici même, se tenait la fête annuelle du PCF. Une fête liant convivialité et débat politique. Une fête populaire, agréable où j’ai plaisir chaque année à participer. Merci donc pour votre nouvelle invitation et félicitations à toutes celles et tous ceux qui par leur engagement militant la transforme en un succès de plus en plus grand d’année en année.

Que s’est-il passé depuis un an ? La crise bien entendu ! Une crise du système libéral, une crise causée par l’éclatement d’une bulle financière mondiale. Les conséquences vous les connaissez : le chômage qui est reparti à la hausse, une arrogance des grands patrons responsables de cette crise, s’octroyant bonus et autres indemnités aux montants faramineux.

Pour aller vite, ceux qui sont responsables de cette crise s’en sont mis plein les poches et celles et ceux qui travaillent, qui souffrent, qui ont des conditions de vie de plus en plus difficiles, on la leur fait payer chèrement, et…… en les méprisant.

Et ce n’est pas fini, après avoir fourni des milliards d’euros avec l’argent de vos impôts à ces banques, voilà qu’elles recommencent à faire des profits et que l’on redistribue ces derniers aux actionnaires. Pire que cela : ils se sont servis de notre argent pour reconstituer cette « bulle financière » complètement déconnectée de l’économie réelle. C’est cela qui a causé la crise et qui en se dégonflant causera la prochaine.

Si cela n’était pas si grave de conséquences pour notre peuple et pour tous les peuples, on pourrait en rire. Moi, je ne ris pas, je ne pleure pas, j’ai la rage et la volonté dans les luttes et dans les urnes de travailler au rassemblement de toutes celles et de tous ceux qui veulent remettre les choses à l’endroit.

Et, la crise -si cela va mieux pour les banques- elle n’est pas finie pour nous. Parce qu’en plus du chômage qui continue à progresser avec des vagues de licenciements quotidiennes, Sarkozy en rajoute. Il met en route la privatisation de la poste. Il invente un nouvel impôt (taxe carbone). Il veut encore repousser l’âge du départ à la retraite. Il invente une réforme des institutions pour 2014. Il charcute les circonscriptions pour les législatives afin qu’après le bouclier fiscal pour les plus riches, on ait un bouclier électoral pour maintenir le pouvoir de la droite pour des décennies. Pour résumer, il détricote pierre par pierre le modèle social français et modifie le système électoral pour rester en place.

Il y a vraiment urgence à lui opposer à gauche quelque chose de sérieux, de crédible, de rassembleur qui soit un appui aux luttes et une perspective politique.

Il y a vraiment urgence à ce que certains se ressaisissent et sortent de l’acceptation du système en place.

Ecoutez : alors que ça tombe comme à Gravelotte sur nos têtes, alors qu’il faut organiser les ripostes nécessaires, nos amis socialistes, qu’est-ce qu’ils disent ? : « Il faut organiser des primaires pour l’élection présidentielle de 2012.

Avec ça, celles et ceux qui sont au chômage, celles et ceux qui viennent de passer des vacances avec un « régime minceur », celles et ceux qui voient leurs services publics démantelés peuvent être tranquilles : il y aura des primaires à gauche en 2012 !!! Mais c’est tout de suite qu’il y a urgence. Tout de suite qu’il faut rassembler sur la base de contenus novateurs.

Mais, ils n’ont rien compris. Oui, ils n’ont rien compris et de moins en moins de citoyennes et de citoyens ne les comprennent.

Regardez les Elections Européennes : 60 % des françaises et des français ne se rendent pas aux urnes, le PS fait le plus mauvais score de son histoire parce qu’il ne remet pas en cause les logiques libérales. Et, une fois l’élection passée, Sociaux-démocrates, Verts et conservateurs se mettent d’accord pour mettre à la tête du parlement européen JERZU BUZEK , un polonais Atlantiste, ultra libéral prônant les privatisations à outrance. Heureusement que le groupe G. U. E. au sein duquel se trouvent les députés du « Front de Gauche » ont sauvé l’honneur de la gauche européenne en présentant un candidat. PS et Verts, se sont vendus pour un plat de lentilles, pour quelques strapontins au parlement européen.

Et les Verts, qui sont sur un petit nuage en ce moment, comment peuvent-ils faire du développement durable en acceptant les lois capitalistes du profit maximum et immédiat.

Il est temps qu’à gauche tous les sujets soient mis sur la table sans oublier évidemment les possibilités de rassemblement ou les alliances. L’union –qui est nécessaire à gauche et pour laquelle je milite- ne peut naître de la confusion. Ce n’est pas de moi, mais de jean-Jaurès qui l’écrivait en 1904.

C’est à quoi notre parti s’emploie, il l’a bien commencé aux européennes avec le Front de Gauche. Il faut poursuivre cette expérience en élargissant les participants à ce Front.

Et l’espoir vient du fait que cette démarche est attendue, souhaitée pour celles et ceux qui sont victimes des politiques de droite. Ils sont nombreux, motivés et divers. Ils veulent se battre et résister

Ils peuvent compter sur les communistes. La fête de l’Humanité » des 11, 12 et 13 septembre va être un immense forum aux centaines de milliers de voix, un creuset de dimension nationale pour faire émerger un grand rassemblement populaire qui actera les convergences.

C’est avec la même démarche que nous aborderons les élections régionales de 2010. Le bilan de la région depuis 2004 est largement positif, proposons maintenant en appui sur ce bilan un projet qui aille encore plus loin dans les réponses à la crise. C’est sur cette base que nous rassemblerons, que ce soit au 1er ou au 2ème tour.

Et une chose est sûre, les communistes n’ont jamais fait de cadeaux à la droite, ils seront de celles et ceux qui lui feront toujours barrage, mais la construction de majorités de gauche solides passe par le renforcement des formations réellement ancrées à gauche. Il n’y a pas besoin de magouiller avec le MODEM. Car le MODEM est un parti de droite, qui même s’il fait mine de s’opposer à Sarkozy accepte le capitalisme libéralisé. Et, l’histoire nous montre que si malheureusement il arrive à des partis de gauche de faire une politique de droite, on n’a jamais vu un parti de droite faire une politique de gauche. Dans cette région, une gauche rassemblée autour d’un programme de gauche regagnera. C’est la condition pour ne pas donner un point d’appui supplémentaire à la droite.

Voila rapidement comment je vois la situation, une situation difficile mais où il y a d’énormes possibilités pour répondre aux attentes populaires. Mes réflexions, ce n’est pas la messe, je me permets simplement de les livrer au débat nécessaire de tous les progressistes.

Et comme le proclament les banderoles syndicales dans les défilés

« LA CRISE C’EST EUX ! LA SOLUTION C’EST NOUS ! »


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