Allemagne :
Analyse des législatives en RFA.
Félicitations à nos camarades de Die Linke.
9 octobre 2009
CDU/CSU : 33,8%(- 1,2) soit 239 sièges (+ 17)
FDP : 14,6% (+ 5,6) soit 93 sièges (+ 32)
SPD : 23% (- 11) soit 146 sièges ( - 75)
VERTS : 10,7% (+ 2,7) soit 68 sièges (+ 17)
DIE LINKE : 11,9% (+ 3,9)soit 76 sièges (+ 23)
Total des sièges en 2009 : 622 contre 611 en 2005 en raison du système des mandats complémentaires Taux de participation : 70,8 (-6,8)
La coalition conservatrice CDU-FDP l’emporte grâce au bond en avant des Libéraux du FDP (meilleur score historique depuis la fondation de la RFA en 1949) et malgré les pertes de la CDU/CSU, particulièrement sensibles en Bavière.
Tous les partis enregistrent des scores historiques :
• le SPD avec 23 % obtient son score le plus bas depuis 1949
• la CDU/CSU elle-même est à son plus bas niveau historique
• les Verts franchissent pour la première fois la barre des 10%
• die Linke approche les 12% et augmente de près d’un tiers ses résultats et le nombre de ses députés : l’existence d’une telle force à gauche de la social-démocratie n’a pas de précédent.
La grande coalition CDU-SPD n’a pas profité aux deux partenaires mais c’est le SPD qui est lourdement sanctionné, payant ainsi pour la politique néo-libérale qu’il a initiée avec Schröder et pratiquée ensuite avec Merkel.
Tous les « petits » partis sont désormais au-dessus de 10% ; les Libéraux ont su capter une partie du mécontentement de l’électorat de droite et faire illusion sur leur caractère novateur ; ils n’en restent pas moins partisans d’une accentuation des solutions néolibérales (moins d’impôt, plus de facilités pour licencier, moins de social) qui ont conduit le pays à la crise.
Les trois partis d’opposition, SPD, Linke et Verts n’étaient pas en mesure d’offrir une alternative. La question qui se pose désormais est celle de l’évolution du SPD dans les années à venir ; de premières voix se font entendre au sein même du parti pour une révision complète de la ligne politique qui a conduit la social-démocratie au désastre. Une première indication sera fournie par l’attitude du SPD en Thuringe, en Sarre et depuis hier au Brandebourg, trois länder où il est possible de constituer dans les jours qui viennent des majorités et des gouvernements locaux associant SPD, Linke et Verts.
En tout état de cause, le paysage politique s’est profondément modifié hier en Allemagne.
Elections régionales dans les Länder de Brandebourg et Schleswig-Holstein
On a également voté le 27 septembre dans deux Länder, le Schleswig-Holstein à l’ouest (région frontalière du Danemark, capitale Kiel) et le Brandebourg à l’est (région autour de Berlin, capitale Potsdam) pour le parlement régional (Landtag).
Ces deux Länder étaient dirigés par des « grandes coalitions » CDU-SPD, sous direction CDU à Kiel et sous direction SPD à Potsdam.
Dans le Schleswig-Holstein, on retrouve les mêmes tendances qu’au niveau fédéral (pertes des partis de la grande coalition, progrès des « petits » partis) et on se dirige vers une coalition CDU-FDP comme à Berlin. A noter le bon score de Die Linke qui avec 6% fait son entrée dans un nouveau Landtag de l’ouest de l’Allemagne.
Dans le Brandebourg, le SPD est parvenu à défendre ses positions ; il peut soit continuer la grande coalition avec la CDU, soit s’allier à Die Linke et marquer ainsi une rupture avec la politique pratiquée jusqu’alors. Die Linke réclame ce changement ; les résultats du SPD au Bundestag peuvent le conduire à opter pour cette coalition de gauche : cela constituerait un changement important. A noter que le FDP et les Verts franchissent la barre des 5% et entrent au landtag alors que l’extrême droite s’effondre et n’y sera plus représentée.
Les résultats en % :
SCHLESWIG-HOLSTEIN
CDU : 31,5 % ( -8,5)
SPD : 25,4 % ( - 12,6)
FDP : 14,9 % (+ 8,9)
VERTS : 12,4 % (+ 6,4)
DIE LINKE : 6 % (+ 6)
SSW (MINORITE DANOISE) : 4,3 % (+ 1,3)
BRANDEBOURG
CDU : 19,8 % (+ 0,8)
SPD : 33 % (+ 2)
FDP : 7,2 % (+ 4,2)
VERTS : 5,6 % (+ 2,6)
DIE LINKE : 27,2 % (- 0,8)
DVU (EXTREME DROITE) : 1,2 % (- 4,8)



