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luttes de classe(s) - journal du réseau école du PCF - avril 2015

 
 

AUSTERITE ET VIEILLES RENGAINES

Ainsi, selon la ministre, le caractère théorique – et donc ennuyeux – des cours est la cause de l’échec au collège. Créer des enseignements « pratiques » ferait réussir tous les élèves. Ajoutez l’individualisation des parcours, vous aurez la réforme. Les mêmes clichés ont inspiré jadis la réforme du lycée, puis celle des rythmes.

Ce prétendu pragmatisme cache des représentations erronées : en maths ou en EPS, les élèves ont à construire une réflexion sur les évidences en articu - lant observation, application, formalisation, qu’il ne faut surtout pas penser en blocs disjoints. Dissocier théorie et pratique, c’est reprendre la vieille oppo - sition entre élèves « manuels » (de milieu populaire, naturellement) et « intel - lectuels », c’est essentialiser les inégalités pour mieux les perpétuer. Nous sommes loin du « tous capables » inscrit dans la loi.

L’individualisation isole les élèves dans la difficulté. Conjuguée à l’autonomie des collèges, elle met en concurrence inégalitaire élèves, personnels et territoires. Chaque collège cherche à séduire les familles par une offre pédagogique, dans un véritable « marché de l’éducation ». L’école après les attentats de janvier a été sommée de produire du commun : controns déjà ces logiques libé rales !

Pour maîtriser et s’approprier des savoirs plus complexes, il faut du temps. Le PCF demande l’allongement de la scolarité obligatoire et s’oppose à toute réduction du temps scolaire. Les enseignants aussi ont besoin de temps pour réfléchir sur leurs pratiques, par une entrée progressive dans le métier, une formation initiale et continue ambitieuse, et des services permettant le travail en équipe.

Enfin depuis des mois, des collèges se battent pour obtenir des conditions de travail tout juste décentes. Postes supprimés par la droite toujours pas recréés, collégiens plus nombreux, classes surchargées, remplacements non assurés, sur tout cela, la ministre n’a rien à dire !

Le nouveau collège n’a pas grand-chose d’unique : hiérarchies locales intermédiaires imposant un cadre aussi contraignant que disparate; gratuité des études soumise aux collectivités locales ; soutien des élèves reposant sur les familles, sur des dispositifs marchands ou bénévoles.

Tous les services publics subissent l’austérité, source d’inégalités. Le gouvernement prend prétexte des difficultés du collège pour en finir avec une ambition commune, celle que nous portons dans notre projet d’école dans l’intérêt toute la société !

Marine Roussillon

reseau.ecole-pcf@orange.fr

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