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Ukraine : les précsions du Parti Communiste Ukrainien (KPU) sur la situation sociale du pays.

Chers camarades,

Tous les pays civilisés du monde ont été submergés par une vague d’informations sur la situation complexe qui prévaut en Ukraine. Lundi 2 décembre 2013, les titres des premières pages des plus grands journaux et les éditions en ligne du monde entier traitaient de la révolution en Ukraine, d’émeutes, d’opposition publique et de crise politique. L’attention de la communauté internationale était braquée sur l’Ukraine.

Dans le but d’ éviter tout malentendu concernant cette situation, de permettre une compréhension correcte de la réalité et de donner des renseignements excluant toute spéculation ou provocation, le Parti Communiste d’Ukraine tient à fournir des explications aux membres du mouvement communiste international et du groupe des partis du travail, et à leur communiquer des informations exactes sur la situation réelle en Ukraine et sur les raisons qui ont entraîné le peuple ukrainien à monter sur les barricades.

La raison essentielle de la crise politique en Ukraine est la grande erreur que le Président Viktor YANUKOVYCH a faite en matière de politique étrangère. Depuis presque trois ans le Président et le Gouvernement d’Ukraine n’ont cessé d’abreuver la société ukrainienne de promesses sur l’Union Européenne. Or, ils ont passé toutes ces années sans entreprendre des démarches effectives en faveur d’une intégration européenne de l’Ukraine, alors que parallèlement grandissaient les tensions avec la Russie et que l’on s’approchait d’une fracture au sein de la société ukrainienne. Dans le même temps ; l’opinion publique en Ukraine était divisée entre les partisans et les opposants de l’intégration européenne.

C’est pour cette raison que le Parti Communiste d’Ukraine a voulu entreprendre tout ce qui était possible pour organiser la tenue d’un Référendum sur les priorités de la politique étrangère future de l’Ukraine. Nous étions convaincus que pour éviter une fracture au sein de la société, c’est au peuple d’Ukraine, et à lui seul, que revient le droit de choisir les priorités de la future politique étrangère.

Mais, le Gouvernement en place, dirigé par le Président de l’Ukraine, s’est opposé avec force à toutes les actions du Parti Communiste d’Ukraine : blocage de décisions prises par la Commission Électorale Centrale d’Ukraine, décisions de justice interdisant la tenue de réunions destinées à organiser des groupes d’action en faveur d’un Référendum, interdiction de la collecte de signatures pour un référendum etc….Donc, abandonnant le projet de référendum et la politique de rapprochement avec l’Union Européenne et élargissant ses visées en direction de la Russie, le Président et le Gouvernement d’Ukraine ont montré qu’ils n’étaient pas intéressés de connaître l’opinion du peuple ukrainien.

La situation a également été alimentée par les évènements des dernières années pendant lesquelles, alors que la crise économique grandissait, le Gouvernement d’Ukraine a mis en place des réformes impopulaires dans le secteur de la santé, du logement et des services communaux, de la fiscalité, et qu’il a augmenté les prix et les tarifs. L’appauvrissement des gens ordinaires a pour résultat l’impossibilité d’exercer une activité commerciale honnête en Ukraine, un taux de chômage élevé, la corruption, un taux élevé de criminalité parmi les fonctionnaires publics et les officiers de police et judiciaires, dans l’ensemble du pays – tout cela a conduit à scandaliser les citoyens et à générer une vague de protestations dans de nombreuses villes, surtout après la dispersion violents des jeunes manifestants pacifiques dans la plus grande place du centre de Kiev.

La deuxième cause essentielle de la crise politique en Ukraine est le fait que le Président et le Gouvernement accordent, de manière permanente, leurs sympathies et leur soutien aux forces nationalistes d’extrême droite. Ainsi, pendant très longtemps le gouvernement en place s’est servi de la présence d’une prétendue «opposition » pour obtenir un soutien « global », y compris pour adopter des décisions législatives concernant l’intégration européenne. Cette « opposition » n’est pas homogène n’ayant pas de dirigeant unique ; plus précisément il s’agit d’un rassemblement de plusieurs forces politiques dont les idéologies sont de nature très similaire. Parmi ces forces politiques, celle qui domine est le parti d’extrême-droite, radicalement nationaliste, « Liberté » (SVOBODA), qui a été reconnu par le Parlement Européen, dans sa résolution du 13 Décembre 2012, comme étant un parti dont l’idéologie xénophobe et raciste est contraire aux valeurs européennes. Dans cette même résolution le Parlement Européen a appelé tous les groupes du Parlement ukrainien à refuser de coopérer avec le parti « Liberté ».

Les représentants du parti « Liberté », avec le soutien direct de leurs alliés, s sont livrés à des provocations à Kiev et dans d’autres villes d’Ukraine, le 1er Décembre 2013 ses militants ont essayé de détruire la statue de Lénine au centre de Kiev. Bien que le dirigeant du parti « Liberté », Oleg TYAGNIBOK, ait clamé son innocence, parmi les instigateurs des bagarres à proximité de la statue dans la survenue de ces évènements se trouvait son propre frère Andrew TYAGNIBOK, membre du Parlement ukrainien dans le groupe parlementaire »Liberté ».

Le Parti Communiste d’Ukraine a pris position dans une déclaration du 30 Novembre 2013, condamnant les méthodes violentes appliquées aux civils au centre de Kiev dans la nuit du 29 au 30 Novembre. Les Communistes Ukrainiens se prononcent résolument pour l’application de méthodes légales et légitimes pour résoudre la situation conflictuelle qui s’est développée en Ukraine.

Nous sommes convaincus que si le Président et le Gouvernement d’Ukraine avaient répondu aux appels du Parti Communiste d’Ukraine à mener une politique claire et transparente et s’ils avaient cessé de se servir de forces politiques ultranationalistes pour la mise en œuvre de leurs programmes, risquant de faire de sérieuses erreurs politiques et, plus important encore, s’ils avaient accepté la proposition du Parti Communiste d’Ukraine de tenir un référendum sur les priorités de la politique étrangère, ces évènements tragiques ne seraient pas survenus dans la société ukrainienne.

Un autre fait, témoignant de l’attitude honnête des Communistes, doit être noté : l’absence de consensus national, le refus d’entamer des négociations constructives et d’essayer d’écouter l’autre partie, ont conduit à l’échec du vote parlementaire sur la démission de gouvernement d’Ukraine, comme le demandaient les groupes de l’opposition. Cela a eu pour effet d’embraser la situation encore davantage.

Compte tenu de ces évènements nous vous demandons, chers camarades, de contribuer à la normalisation de la situation politique difficile en Ukraine et de soutenir la position exposée plus haut du Parti Communiste, sous la forme de résolutions parlementaires à tous les niveaux, de déclarations de vos députés, de discours à des réunions des parlements et des commissions parlementaires dont vos députés sont membres, d’interviews dans les médias. Nous vous serions aussi très reconnaissants de vous connecter au site du Département International du Parti Communiste d’Ukraine, afin de communiquer votre opinion à la société ukrainienne.

Avec notre fraternel respect et notre espoir en votre soutien.

Le premier secrétaire du Comité Central du
Parti communiste d’Ukraine.
 
Anatoli Sokoliuk, responsable des relations étrangères du Parti communiste ukrainien (PCU), répond aux questions de l'Humanité.

Il y a actuellement 2 réactions

  • Réponse

    L'alliance dont vous faites référence ne remonte qu'aux élections (2010 sauf erreur). Le KPU n'a pas suivi le parti des régions longtemps (2011 de mémoire) : le texte, qui remonte à décembre 2013, et les actions du KPU démontrent bien cela. Les militants du KPU étaient déjà porteur d'un processus démocratique qui aurait pu éviter les morts de la place Maïden.

    Par Mathieu Pradel-..., le 26 février 2014 à 09:15.

  • alors pourquoi, si ce

    alors pourquoi, si ce gouvernement était si mauvais, le PKY est resté dans la coalition au pouvoir ? Sans le PKY le Parti des Régions n'était pas majoritaire. Le PKY était l'allié et donc le complice de Yanoukovitch.

    Par ahauret, le 25 février 2014 à 17:11.