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11h sur la scène 2 : Hommage à Pablo Neruda.

Quelques mots que je sais de Pablo Neruda

Par Jacques Artigues

« Je fus flatté par ce qu’il me dit du Chant général. Il avait pris l’habitude de le lire le soir à ses guérilleros, dans la sierra Maestra. Maintenant que les ans ont passé, je frémis en pensant que mes poèmes l’ont accompagné aussi dans la mort. J’ai su par Régis Debray que dans les montagnes de Bolivie, il avait gardé jusqu’à la fin deux livres dans sa musette : un manuel d’arithmétique et mon chant général. […] Je continue à voir dans le Che Guevara cet homme méditatif qui durant ses batailles héroïques, réserva toujours, près de ses armes, une place pour la poésie. »  

De son vrai nom Ricardo Eliecer Neftali Reyes Basoalto, Pablo Neruda est incontestablement l’un des plus grands poètes du 20° siècle. Poète, diplomate, homme politique, révolutionnaire, communiste, il est, entre autres, l’ami d’Eluard et d’Aragon. « Avec Paul, je perdais la notion du jour et de la nuit qui s’écoulaient et je n’ai jamais su si nos propos avaient ou non de l’importance. Aragon, lui, est une machine électronique de l’intelligence, de la connaissance, de la virulence, de la rapidité éloquente. J’ai toujours quitté la maison d’Eluard en souriant sans savoir pourquoi. De quelques heures passées avec Aragon je ressors épuisé car ce diable d’homme m’a obligé à réfléchir. Les deux ont été d’irrésistibles et loyaux amis et leur grandeur antagonique est peut-être ce qui me plait le plus en eux. » .

 Consul du Chili en Espagne en 1935, il se lie d’amitié avec Federico Garcia Lorca, Raphaël Alberti. Il se range du côté des républicains contre les fascistes et doit quitter l’Espagne. Au moment de la « rétirada », il vient en aide à des milliers de réfugiés parqués dans des camps français.  Il sera sénateur communiste et, en conflit avec le dictateur Vidéla qu’il avait pourtant soutenu, il devra quitter le Chili. En exil, il rencontrera souvent le grand poète turc exilé et communiste lui aussi, Nazim Hikmet. «  Il avait pensé : mes bourreaux, cachés, sont en train de me regarder, ils veulent me voir tomber, ils veulent se régaler de ma détresse. Orgueilleusement, ses forces ressurgirent. Alors  il s’était mis à chanter, d’abord à voix basse, puis plus haut, et finalement à plein poumon. Il avait chanté toutes les chansons, tous les poèmes d’amour qui lui revenaient à la mémoire, ses propres  poèmes, les romances des paysans, les airs de combat de son peuple. Il avait chanté tout ce qu’il savait.. »

En 1950 « le chant général » est publié au Mexique. Il est immédiatement interdit au Chili.

Il obtient le 21 octobre 1971 le prix Nobel de littérature. Il apporte un soutient indéfectible à l’unité populaire et à Salvador Allende. Le général Pinochet, commandant en chef des forces armées, admirateur et admiré de Margaret Thatcher, prend le pouvoir soutenu par la  droite chilienne et financé par la CIA. Salvador Allende, officiellement, se suicide. Le suicide d’Allende, Neruda n’y croit pas. « Il fallait mitrailler l’homme qui ne renoncerait pas à son devoir. Ce corps fut enterré secrètement dans un endroit quelconque. Ce cadavre qui partit vers sa tombe accompagné par une femme seule et qui portait toute la douleur du monde, cette glorieuse figure défunte s’en allait criblée, déchiquetée par les balles des mitrailleuses. ». Neruda meurt le 23 septembre 1973, douze jours après Allende. A-t-il été assassiné ?  L’exhumation récente de son cadavre et son analyse devrait apporter une réponse.

 

(Citations extraites de  « J’avoue que j’ai vécu »).

 

 

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