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Violence contre les métallos d'Accelor-Mittal à Strasbourg : La lettre de Jacky Hénin (PCF - Front de gauche), membre de la GUE/GNL, interpelle le président du Parlement de l'UE et Manuel Valls (vidéo de la conférence de presse au Parlement européen).

Nous tenous à attirer votre attention sur le sort qui a été réservé aux sidérurgistes d'ArcelorMittal venus s'exprimer le mercredi 6 février devant le Parlement européen.
Les syndicalistes qui se sont déplacés depuis le Nord de la France, le Luxembourg et la Belgique ont tout d'abord été bloqués et fouillés dans leurs autobus à 10 kilomètres de Strasbourg, avant  qu'on ne les empêche d'approcher du Parlement européen.
Bien pire, ils ont été accueillis par des forces de l'ordre sur les dents qui n'ont pas hésité à faire usage de gaz lacrymogènes, matraques et flashballs.
Plusieurs militants ont été blessés.
John David, jeune intérimaire de 25 ans, a subi des nombreuses fractures au visage et a définitivement perdu l'usage d'un œil.

Comment pouvons-nous tolérer que de telles ignominies aient lieu sous nos yeux ?

Nous, députés européens, tenons à exprimer notre plus vive indignation face à ces actes de barbarie. Nous demandons à ce que le président du Parlement européen dénonce immédiatement ces  violences et prennent toutes les mesures utiles pour que de tels actes ne puissent plus se reproduire contre des citoyens européens souhaitant simplement s'exprimer devant leurs élus.

Nous nous insurgeons également avec force contre les propos de Manuel Valls, ministre français de l'Intérieur, qui a tenté de justifier ces actions en affirmant que «la colère des ouvriers doit être canalisée par les syndicats».
Face à la colère des travailleurs venus exprimer aux parlementaires européens que l'acier peut et doit vivre en Europe et pour protester contre le sacrifice de leur outil de travail, l'Etat français a répondu par la violence.
La colère légitime des travailleurs qui ne trouve aucune réponse face à leurs inquiétudes sur l'avenir de leur profession ne fera que grandir tant que l'austérité aveugle et brutale continuera d'être imposée, et tant que l'industrie européenne sera sacrifiée sur l'autel de la finance. 
Monsieur Valls, comptez-vous répondre systématiquement par la brutalité policière ?
Le gouvernement français par ses réactions, et le Parlement européen par son  silence complice, ne font que renforcer la défiance des peuples envers ceux qui sont censés les représenter.
Nous,  députés européens,  tenons à affirmer que même si ces travailleurs ont été tenus éloignés du Parlement européen par la  force, ce qu'ils défendent ne pourra en être tenu à l'écart et leurs idées y seront entendues. Nous portons et continuerons de porter les luttes de ces travailleurs à l'intérieur de cette institution.
Qui sème la misère récolte la colère. Le refus d'écouter les salariés ne fera que renforcer cette colère et la défiance des citoyens. Mesdames et messieurs les députés européens, vous pouvez vous barricader autant que vous voulez, n'oubliez pas que par leurs votes, ce seront les travailleurs qui pourront vous faire sortir du Parlement européen en 2014, et pour cela aucune violence ne sera nécessaire.

Jacky Hénin (France - PCF/Front de Gauche)
Gabi Zimmer (Allemagne- Die Linke - Présidente du groupe GUE-NGL)
Jurgen Klute (Allemagne- Die Linke)
Thomas Handel (Allemagne- Die Linke)
Sabine Wils (Allemagne- Die Linke)
Lothar Bisky (Allemagne- Die Linke)
Sabine Lösing (Allemagne- Die Linke)
Helmut Scholz (Allemagne- Die Linke)
Cornelia Ernst (Allemagne- Die Linke)
Kyriacos Triantaphyllides (Chypre - AKEL)
Søren Bo Søndergaard (Danemark - Folkebevægelsen mod EU)
Willy Meyer (Espagne - PCE/Izquierda Unida)
Nikolaos Chountis (Grèce - Syriza)
Paul Murphy (Irlande - Socialist Party)
Martina Anderson (Irlande - Sinn Fein)
Inês Zuber (Portugal - PCP)
Joao Ferreira (Portugal - PCP)
Alda Sousa (Portugal - Bloco de Esquerda)
Marisa Matias (Portugal - Bloco de Esquerda)
Mikael Gustafsson (Suède - Vänsterpartiet)