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Espagne : bonnes perspectives pour la gauche unie.

La Xème Assemblée de la Gauche unie (Izquierda Unida-IU) s’est tenue à Madrid du 14 au 16 décembre 2012. Cayo Lara, son coordinateur général, a été réélu à l’unanimité par le conseil politique fédéral, après que sur les 931 délégués, 790 aient soutenu – pour la première fois depuis des années – une liste unitaire (89 votes blancs et 52 nuls). Les congressistes ont adopté également à une très large majorité un seul document politique, traduisant à la fois l’importante discussion interne et la prise en compte des principales composantes et sensibilités de IU*.

L’assemblée de IU s’est déroulée dans un contexte politique marqué par la crise économique et sociale profonde qui enfonce le pays dans la récession et de premiers reculs, certes partiels, de la droite lors des élections régionales de 2011, en concomitance avec une progression significative de IU et de ses alliés dans la plupart de ces scrutins (Andalousie, Asturies, Galice et Catalogne), et des difficultés persistantes pour le Parti socialiste à s’inscrire dans une alternative crédible face à la droite. La Déclaration de Madrid adoptée par l’assemblée de IU, qui s’intitule Transformer la mobilisation en organisation, la révolte en alternative, l’alternative en pouvoir, souligne les principaux enjeux et défis auxquels est confrontée IU.

D’abord du fait de la crise du capitalisme et de l’impasse européenne qui nécessite, selon IU, une refondation de l’UE et d’importantes réformes structurelles visant à la fois à inverser les mesures d’austérité et de régression sociale prises depuis 2010 par le gouvernement socialiste d’alors et considérablement aggravées par la droite de Mariano Rajoy et les diktats de la troïka européenne : coupes dans les dépenses publi - ques et sociales avec des coûts énormes pour les services publics, notamment l’éducation et la santé ; réforme du marché du travail qui a considérablement amplifié le chômage et la précarité ; accélération des expulsions des familles ne pouvant faire face au remboursement des hypothèques imposées par les ban - ques. Conséquence : une crise économique et sociale d’ampleur qui se traduit par près de 6 millions de chômeurs et 12 millions de personnes plongées dans la pauvreté.

IU souligne également les effets de la crise politique et les reculs démocratiques concernant droits sociaux et libertés : limitation de la souveraineté populaire (appel à résister aux conditions imposées par la troïka européenne pour le pacte budgétaire européen) et démantèlement progressif de la Constitution de 1978. Tout cela implique pour IU d’engager une mise en mouvement de forces politiques et sociales, culminant dans un processus constituant mettant au centre des droits sociaux et politiques effectifs pour les travailleurs et les citoyens, la légalité républicaine, la souveraineté populaire.

Sur toutes ces questions, IU appelle à l’action, à la « révolte sociale » et à une « construction collective de l’alternative » autour de propositions concrètes, en articulation sur les importantes exigences des syndicats et d’un mouvement social et citoyen, réunis dans un « Som met social ». Ces exigences et propositions se sont traduites dans des mobilisations d’une ampleur sans précédent depuis des années, notamment lors de la grève générale du 14 novembre.

IU entend être la force motrice d’un « Bloc social et politique qui dispute l’hégémonie et le pouvoir au néolibéralisme » pouvant constituer une alternative réelle, tout à la fois « option de gouvernement et en capacité de changer le système », « régénérant la vie politique et impulsant une issue anticapitaliste à la crise ». Tel est le défi pour lequel IU entend consolider son organisation, pour en faire une grande organisation de masse. Cette question, tout comme celle de l’Europe (l’alternative à l’actuelle orientation néolibérale de l’UE) ou celle de la réforme de l’État alors que poussent, notamment en Catalogne, les revendications souverainistes (pour IU, il s’agit d’aller vers « la construction d’une République fédérale et solidaire qui incorpore le droit à décider des peuples qui la composent ») feront l’objet d’approfondissements dans des conférences thématiques organisées dans la prochaine période.

José Cordon
responsable Europe des Relations internationales

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