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Chine : pour la nouvelle équipe dirigeante de nombreux défis à relever.

Le 18ème congrès du Parti communiste chinois qui s’est tenu à Pékin du 8 au 15 novembre a consacré l’arrivée d’une cinquième génération de dirigeants depuis la fondation de la République populaire en 1949. Ce nouvel exécutif est chargé de négocier un virage social et économique fondamental. Au moment où la crise financière mondiale provoque des ravages considérables, Pékin a décidé de changer de cap de croissance, tablant sur le qualitatif et non plus le quantitatif et de cerner les nouvelles priorités économiques en réponse aux aspirations des Chinois à une meilleure répartition de la richesse nationale. Peu avant l’ouverture du congrès, le China Daily faisait un constat sans appel sur la question des inégalités dont la montée est la préoccupation majeure au sein de la société chinoise. Selon une enquête publiée le 6 novembre par le Quotidien de la Jeunesse, elles sont considérées comme une menace pour l’avenir du pays par 75,4 % des plus de 11 400 internautes interrogés.

Rééquilibrer la croissance économique – encore trop tirée par les exportations et l’investissement, au profit de la consommation intérieure – visant une plus grande justice sociale, est l’axe principal de cette mutation. L’ambition du PCC est de faire de la Chine une société de « moyenne aisance » d’ici à 2020 en doublant le PIB et le revenu moyen par habitant dans les villes et les campagnes par rapport à ceux de 2010. L’«harmonie sociale » avancée par les dirigeants chinois ne pourra être garantie que grâce à cette hausse générale du niveau de vie. Hu Jintao a souligné dans son rapport d’ouverture au Congrès, et adopté à l’unanimité, que « toute la population sera couverte par la protection sociale et bénéficiera des services médicaux et sanitaires fondamentaux » avant la fin de la décennie. De nouveaux investissements dans les campagnes, l’abolition de taxes agricoles, une relance de l’éducation et de l’assistance médicale en milieu rural sont mis en chantier. Un objectif ambitieux, reconnaît la direction chinoise dans le contexte incertain de la crise et de ses effets dans tous les domaines à l’échelle internationale, et même des obstacles qui peuvent survenir en Chine même. Avec lucidité et pragmatisme, le congrès a souligné la « phase critique » dans laquelle le pays poursuit sa quête de modernisation et recherche une voie originale répondant à ses spécificités nationales et à son étape de développement. Le congrès a ainsi révisé les statuts du Parti pour y intégrer le «concept de développement scientifique », qui accorde à la recherche et l’innovation une place prioritaire. Le « progrès écologique » a été également inscrit.

C’est le sens du 12e plan quinquennal (2011-2015) adopté par l’Assemblée nationale en 2011 et dont la nouvelle équipe va devoir dans un premier temps pour suivre la mise en oeuvre. Mais la reconfiguration du modèle de développement implique une « amélioration de l’efficacité économique » relèvent les dirigeants chinois. Quelle en sera la réalité ? On sait qu’un fort courant est favorable aux changements dans l’esprit du rapport Banque mondiale – Chine 2030 – élaboré conjointement avec le Centre de recherche pour le Développement, un think-tank gouvernemental. Il préconise une réduction du secteur d’état et une aide accrue au secteur privé qui emploie 80% des actifs.

Alors que les tensions sociales se multiplient depuis plusieurs années, lors du Congrès, il a surtout été reconnu qu’il fallait agir vite pour éviter un divorce entre le parti et le peuple. à l’instar de son prédécesseur, le nouveau secrétaire général Xi Jinping a lancé a lancé plusieurs avertissements contre la corruption et la bureaucratie : « Notre parti fait face à de graves défis parmi ses membres, il existe des problèmes de corruption, de perte de contact avec le peuple, de bureaucratie, nous devons y répondre ».

Sur le plan international, Pékin a exprimé ses inquiétudes quant aux dangers que font courir les répercussions prolongées de la crise accentuant les déséquilibres mondiaux. La diplomatie chinoise devra déployer tout son talent pour faire pièce à la nouvelle stratégie américaine en Asie et désamorcer les tensions avec Washington.

Dominique Bari, collaboratrice des Relations internationales

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